Face à la congestion croissante à Moroni, certains avancent des solutions axées sur les transports collectifs, la régulation des taxis et une meilleure organisation de la mobilité urbaine.

 

Pour Bacar Nazirou, enseignant de géographie à l’Université des Comores, les difficultés rencontrées dans le système de transport urbain comorien révèlent des faiblesses structurelles qui affectent directement la mobilité des habitants, mais aussi le coût de la vie et la sécurité des usagers. «Les problèmes rencontrés dans le système de transport urbain aux Comores mettent en lumière une faiblesse structurelle ayant un impact significatif sur la mobilité, notamment le coût de la vie et la sécurité des résidents», note-il.

 L’universitaire estime que le recours accru au transport collectif permettrait de réduire les dépenses des ménages. Or, selon les données qu’il présente, la situation actuelle produit l’effet inverse. Et il rappelle que l’organisation du transport public devrait avant tout contribuer à diminuer les risques liés aux déplacements quotidiens.La question de la sécurité des enfants figure également parmi ses préoccupations. Selon lui, l’absence de réglementation stricte dans le secteur des taxis expose les élèves à certains risques. 


«Les taxis, fréquemment dépourvus de réglementation, mettent les enfants en danger à cause de l’anonymat des chauffeurs, alors qu’un dispositif supervisé par des bus scolaires offrirait une traçabilité et une surveillance renforcées comme cela est fait, par exemple, dans l’école privée Enoumeco», explique-t-il. Un tel système permettrait également de limiter les arrêts fréquents des véhicules et de réduire les temps de trajet pour les travailleurs, pense-t-il.

 

Dans cette perspective, Bacar Nazirou préconise la mise en place de moyens de transport collectifs dédiés aux personnels des institutions publiques et privées. Une telle mesure pourrait contribuer à diminuer le nombre de véhicules circulant quotidiennement dans la capitale. Plus largement, il plaide pour des investissements soutenus dans les transports en commun, car il estime qu’ils pourraient transformer durablement le visage des villes comoriennes. Selon lui, cette évolution devrait s’accompagner d’un urbanisme moderne intégrant des centres d’échanges, des gares routières adaptées ainsi que des infrastructures complémentaires telles que des parkings de transfert. «L’établissement de partenariats entre le secteur public et le secteur privé pourrait permettre de rassembler des moyens financiers et techniques, tandis que l’éducation des citoyens favoriserait l’acceptation de ce changement. Cela constituerait également un élément clé du développement durable, apte à diminuer les disparités, à préserver l’environnement et à rehausser la qualité de vie des générations actuelles et à venir», soutient-il. 


Pour illustrer son propos, il cite l’exemple de métropoles africaines comme Casablanca, où l’introduction de bus à grande capacité a permis de réduire sensiblement la circulation des véhicules particuliers sur les grands axes.Du côté des professionnels du transport, la lutte contre les embouteillages constitue également une priorité. Le syndicat des chauffeurs, Usukani wa Masiwa, a déjà engagé un programme d’identification des taxis-villes à travers l’installation de pancartes distinctives. Cette initiative vise à mieux organiser le secteur, à renforcer la sécurité des usagers et à améliorer le contrôle des véhicules opérant dans la capitale.