Des commerçants disent ne pas pouvoir respecter l’arrêté car, avaient déjà fait leurs provisions avant la signature de l’arrêté encadrant les prix. Ce qui suscite la colère de certains clients.
Comme toujours au début du mois sacré de ramadan, les marchés sont inondés de monde, venu des quatre coins de l’île, pour faire leurs achats. Cependant, comme à l’accoutumée, la question des prix pose problème. Djalali Assadi, travailleur dans une société de la place, rencontré à Volo-volo, des sacs de courses dans les mains, soutient que les produits de première nécessité sont chers. Selon lui, aucun prix n’a été revu à la baisse.
Selon lui, «c’est à ces mêmes prix qu’on mange tous les jours bien que difficilement », soutenant que le problème aujourd’hui est que «nous avons été payés au début du mois et nous tous, semblions avoir oublié qu’avec le mois de ramadhwani, on gaspillait plus que d’habitude. Je crois qu’ils auraient dû retarder le paiement pour qu’on puisse bien faire nos provisions».
Pourtant, afin de rendre accessibles les produits de première nécessité à tous, le ministre de l’Economie a signé un arrêté le vendredi 20 février dernier, portant sur l’ «encadrement de certains produits importés de première nécessité» les plus utilisés par les Comoriens. Cependant, entre les prix fixés par le gouvernement et ceux pratiqués dans les marchés, il y a un écart. Sur la base du document rendu public, le kilogramme de viande importée devait se vendre à 2.400 francs contre 3.000 et 3.500 francs pour la viande fraîche et de mouton.
Pourtant, la viande importée se vend à 3.500 francs contre 4.000 francs pour celle fraîche. Bien que le prix du kilogramme d’ailes de poulet dépende du grade, tous les grades confondus se vendent à 1.400 francs le kilogramme. Le kilogramme de cuisse et de pilons, fixé à 1.350 francs, se vend à 1.500 francs dans les boutiques. Pour ce qui est de l’huile végétale, la marque Filma est fixée à 13.000 francs le carton de douze bouteilles, à raison de 1.200 francs le litre. Dans les épiceries et les stands du marché, on en retrouve à 1.400 francs.
Le sucre se vend entre 600 et 750 francs. Le litre d’huile de palme à 1.400 francs, les sardines et lait concentrés à 500 francs. On trouve l’oignon à 1.000 francs alors que le document officiel fixe le prix du kilo à 700 francs et l’ail régional à 1.350 francs, pourtant vendu à 1.500 francs. La farine Pariset et Turque, dont les prix sont respectivement fixés à 450 et 475 francs par kilo, se vendent à 700 francs. Les sardines et lait concentrés se vendent, d’un endroit à un autre, aux prix fixés par l’arrêté, notamment à 450 et 500 francs.
«L’arrêté intervient tardivement»
Entre vendeurs et clients, les conversations sur les prix prennent du temps. Sur le coup, une femme s’enflamme au refus du marchand de lui vendre les produits à bas prix. «J’ai lu sur les réseaux sociaux l’arrêté encadrant les prix. Ce matin, je suis venue avec 10.000 francs, espérant avoir des provisions pour deux jours, mais là tout est différent. C’est du vol », lance-t-elle sur un coup de colère. Et de poursuivre : « Je me disais qu’avec 10.000 francs, je pouvais au moins avoir de quoi manger pour deux jours en achetant deux kilos de pilons à 2.800 francs, un litre d’huile à 1.250 francs, un tas de bananes et de patates douces et les épices, me voici avec quoi manger que pour une journée.
La réalité est que le texte n’est pas respecté», poursuit cette dame toute en colère, au nom de Mma Fatima. Cherchant à se défendre devant les autres clients, Youssouf Madi, vendeur de farine, d’œufs et de produits carnés au centre du grand marché de la capitale, déclare qu’ils ne peuvent pas vendre à bas prix pour ne rien bénéficier. Selon le récit des vendeurs : «La fixation des prix est intervenue tardivement. Le ramadan commençait le 19 et ils ont fixé les prix le 20 février. Ce qui veut donc dire que tout vendeur avait déjà fait ses provisions.
Et comme on n’a pas acheté aux prix de gros fixés par l’arrêté, on ne peut aucunement le prendre en compte», déclarent à l’unanimité les vendeurs aux côtés de Youssouf.Ils estiment que pour le respect des clients et des vendeurs, ce document ministériel aurait dû être signé bien des semaines plus tôt. Des responsables d’épiceries livrent le même récit, mais Soifiata Abdou donne des exemples à l’appui. «J’ai fait les courses pour ma boutique il y a deux semaines.
J’ai acheté le carton d’huile de palme Filma de 12 bouteilles à 14.500 francs, pourtant le prix qui vient d’être fixé est de 13.000 francs. Je ne peux donc pas vendre le litre à 1.200 francs car je n’aurais même pas le prix d’achat», explique-t-elle. Al-watwan a tenté de joindre les services en charge du contrôle de l’application des structures des prix des produits de première nécessité (Ppn), en vain.


