À Ndzuani, les prix de plusieurs denrées dépassent les plafonds fixés par le ministère de l’Économie pour le ramadan, tandis que d’autres sont au contraire en dessous des tarifs officiels.

 

Malgré la publication d’un arrêté par le ministère de l’Économie fixant les prix plafonds de plusieurs denrées durant le mois de ramadan, les constats effectués à Ndzuani révèlent, une nouvelle fois, des écarts notables entre les montants officiels et ceux pratiqués sur les marchés. Déjà, l’arrêté prévoit l’affichage obligatoire des prix encadrés et des sanctions en cas d’infraction. Or, samedi, aucun affichage n’était visible dans plusieurs points de vente visités. 

À Mutsamudu, les ailes, pilons et cuisses de poulet affichent des hausses pouvant atteindre 200 francs au détail. Le kilo de poulet grade A est fixé à 1 300 francs, le grade B à 1 250 et le grade BC à 950. Dans les boutiques, cependant, le kilo est vendu à 1 500 francs, sans distinction de grade. Le carton de 10 kg d’ailes varie entre 11 000 et 13 500 francs, sans précision sur la qualité. Pour d’autres produits, les écarts sont variables. Le carton de tomate concentrée est vendu à 8 000 francs, contre 8 500 fixés par l’arrêté.

Le litre d’huile végétale oscille entre 1 000 et 1 150 francs, tandis que le carton de 12 bouteilles est proposé à 11 500 francs, contre 13 000 annoncés. Le lait concentré est affiché à 17 500 francs le carton de 48 boîtes et 500 francs l’unité, conformément au prix fixé. Le sac de farine de 25 kg se négocie entre 7 500 et 9 000 francs, pour un plafond compris entre 9 000 et 9 500. Les produits frais présentent des dépassements plus marqués. L’oignon est vendu 800 francs le kilo, contre 700 fixés, et l’ail 1 500 contre 1 350.

 La viande locale atteint 4 000 francs le kilo, au lieu des 3 500 prévus. La viande importée dépasse également le tarif fixé à 2 400 francs. Le sucre fait figure d’exception, avec des prix globalement conformes aux plafonds. Mais pour certains produits vivriers, des consommateurs signalent une diminution des quantités proposées.

À Missiri, Abdouroihamane Irchad observe : «L’année dernière aussi, il y avait eu un arrêté pour encadrer les prix pendant le ramadan. Au marché, les prix avaient quand même augmenté. Aujourd’hui, on voit la même chose. On publie un texte, mais il n’y a pas de contrôle visible. Au final, chacun fixe son prix comme il veut. Ce sont les consommateurs qui subissent», regrette-t-il.

Un grossiste interrogé sur place avance une autre lecture. «Ce sont nous les commerçants qui commandons la marchandise, qui payons le transport et le dédouanement. Nous supportons les frais. On ne peut pas nous imposer un prix si nos coûts sont élevés. Si l’État veut fixer les prix, il doit aussi supporter une partie des charges. Avec les prix annoncés par le ministère, les marges sont souvent nulles», affirme-t-il.