Mzé Ali Babali s’en est allé à l’âge de 58 ans. Une «légende», un sportif «exceptionnel» et un homme humble et apprécié de tous

 

Mze Ali Babali, connu sous le pseudonyme de Hondier, a rendu l’âme en fin de journée de ce mardi à Moroni à l’âge de 58 ans. L’ancien gardien de but de l’équipe des Comores, né le 20 février 1968, est inhumé, hier, dans sa ville natale, Moroni. Celui qu’on présentait comme le deuxième meilleur portier comorien de l’histoire, derrière «Fundi» Malala, est parti laissant derrière lui des sportifs affligés.


Des centaines de proches, d’amis, d’anciens coéquipiers, des footballeurs, des sportifs d’autres disciplines, des autorités sportives et politiques se sont rendus à la grande Mosquée de vendredi «Alqasmi» de Moroni pour la prière mortuaire de l’ancien Coelancanthe et rendre un dernier hommage à l’ancien gardien de Rapide club de Moroni. 
Dans un communiqué, le ministère des Sports décrit, en lui, une «légende», un sportif «exceptionnel». «Il était également un homme sociable, humble, généreux et apprécié de tous».

 Sa disparition constitue une grande «perte pour sa famille, ses proches, la communauté sportive et l’ensemble de la Nation comorienne», devait conclure le document. Dans cette douloureuse circonstance, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Saïd Ali Mohamed Saïd, a adressé ses condoléances les plus attristées à «la famille du défunt, à ses proches, à ses anciens coéquipiers ainsi qu’à toute la communauté sportive».

 Dans un témoignage fait à Al-watwan le 20 novembre 2024, Hondier avait rappelé avoir pris part, successivement, à trois Jeux des îles de l’Océan indien, en 1985, 1990 et 1993. «En 1985, j’avais 17 ans lors de cette deuxième édition. Nous avons battu Madagascar par trois buts à zéro. C’est un des tous meilleurs matchs de ma carrière».
Mze Ali Babali a été le tout premier footballeur comorien à avoir été recruté par un club étranger.


Malgré ses performances sportives, trophées et de sa notoriété au niveau nationale, il était resté un homme humble et modeste. Dans un témoignage, Dini Nassur parle du défunt en ces termes : «Hondier faisait partie de ces êtres rares dont on comprend, parfois seulement après leur départ, que leur plus belle victoire n’était peut-être pas celle remportée sur un terrain. Il était resté profondément humain. Sa gloire, il ne la revendiquait pas. Sa souffrance, il ne l’exhibait pas.

 L’une comme l’autre, il les portait avec dignité». Hondier a été repéré et a fait des stages à la Réunion, mais aussi en France. Malgré son retour prématuré à Moroni, il a toujours gardé ce statut de «légende du football comorien». Il y a moins de deux mois, Hondier a suivi, à Moroni, une formation Fifa d’entraineur de gardiens de but, une de ses dernières activités sportives. Pour tout cela, on ne peut que lui dire : «Merci, grand!».