Mélissa Bacar développe une stratégie entrepreneuriale fondée sur la diversification et l’ancrage local. Entre cosmétiques et services, elle bâtit des activités adaptées aux réalités du marché comorien.

 

À 46 ans, Mélissa Bacar s’impose dans le paysage entrepreneurial comorien à la tête de plusieurs activités. Gérante de Yvanig Agency, une agence de voyage désormais dotée d’un service de transfert d’argent, et fondatrice de Comores Uzuri Concept, spécialisée dans les cosmétiques locaux, elle incarne une stratégie de diversification pensée et assumée. 

Ce qui frappe d’emblée chez Mélissa Bacar, c’est sa capacité à structurer et à diversifier ses activités sans perdre de vue son objectif initial : «créer de la valeur localement». Derrière cette vision, une formation en gestion administrative et financière de projets, consolidée par six années d’expérience au sein d’institutions. En octobre 2020, elle lance Comores Uzuri Concept, avant de créer, en avril 2021, Yvanig Agency.

Très tôt, elle perçoit les limites du cadre institutionnel et ressent le besoin d’aller plus loin. «J’ai voulu proposer des solutions concrètes, durables et génératrices de revenus. À travers mes responsabilités associatives et professionnelles, j’ai identifié des opportunités qui m’ont conduite à développer plusieurs activités. Mon expérience dans le secteur aérien et la relation client m’a permis de déceler un potentiel important dans le domaine du voyage et des services associés», explique-t-elle.

Dans cette logique, elle a récemment intégré un service de transfert d’argent à son agence, renforçant ainsi son offre. «Cela répond à une demande réelle. Dans notre contexte, les besoins en services financiers accessibles et fiables sont importants. Proposer ce service permet d’offrir une solution complète à la clientèle, tout en consolidant la rentabilité et la résilience de l’entreprise», souligne-t-elle.

«Il est possible de réussir»

S’imposer en tant que femme entrepreneure dans un environnement exigeant n’est pas sans défis. Mélissa Bacar évoque une gestion quotidienne qui repose sur une organisation rigoureuse. «Les principaux défis concernent la gestion du temps, la coordination des équipes et l’adaptation aux réalités de chaque secteur. Il faut aussi composer avec des contraintes administratives, financières et une certaine instabilité du marché», confie-t-elle.

Avec le recul, elle identifie les leviers de sa progression : la maîtrise des outils de gestion, le sens de l’organisation, la communication et le leadership. «J’ai dû faire face à des préjugés et à un accès parfois limité à certaines opportunités. Ces obstacles ont renforcé ma détermination et m’ont poussée à m’imposer par le travail, la rigueur et la crédibilité», affirme-t-elle.

Tournée vers l’avenir, elle appelle à un renforcement des dispositifs d’accompagnement en faveur des femmes. «Des avancées existent, mais des contraintes structurelles persistent. Il est essentiel d’améliorer l’accès au financement, à la formation et aux réseaux professionnels», insiste-t-elle.À celles qui hésitent encore, son message se veut direct : «Il faut croire en soi, se former, persévérer et ne pas craindre de commencer modestement. L’entrepreneuriat est exigeant, mais profondément enrichissant. Avec de la détermination et une vision claire, il est possible de réussir».