Porté par le gouvernement et financé par le Fida, le projet cible «6000 jeunes» qui seront accompagnés dans les secteurs de l’Agriculture, de la pêche et de l’artisanat.
Le projet Force-Jeunes a lancé sa première cohorte à Ndzuani lors d’une séance de sensibilisation organisée à la Ccia. Financée par le Fonds international pour le développement agricole (Fida), l’initiative vise à « accompagner 6 000 jeunes » dans la création d’activités génératrices de revenus dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche et de l’artisanat. La rencontre a réuni plusieurs autorités, notamment des ministres, des députés, le gouverneur de l’île et des directeurs régionaux. Les inscriptions pour cette première cohorte ont été ouvertes le 12 mars 2026 et se poursuivront jusqu’au 11 avril 2026. Les candidatures seront enregistrées, selon les organisateurs, à travers des fiches d’identification destinées aux jeunes intéressés. Dans l’île, les inscriptions se font dans les centres ruraux de développement économique (Crde) de Mremani, Boungweni et Bambao Mtsanga, qui constituent les zones d’intervention du projet. La maison de l’emploi et la Ccia sont également visés pour les inscriptions.
50% des places aux femmes
Le projet prévoit également des mesures inclusives, avec 50% des places réservées aux jeunes femmes et 1,5% aux personnes en situation de handicap. Le projet « Force Jeunes » ambitionne de soutenir l’entrepreneuriat des jeunes ruraux dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche, de l’élevage ainsi que dans les services connexes.A l’occasion, le coordinateur national du projet, Fouad Said Hachim, a rappelé l’ambition du programme qui vise à soutenir l’entrepreneuriat des jeunes. «Nous sommes là pour accompagner 6 000 jeunes au niveau national sur une période de six ans dans l’entrepreneuriat. Le domaine d’intervention du projet suit la trajectoire du Plan Comores Émergent, notamment dans les secteurs prioritaires comme l’agriculture, la pêche et l’élevage. Nous intervenons aussi dans les services connexes qui permettent d’améliorer ces filières, notamment l’artisanat de service, le tourisme durable ou encore la digitalisation. L’objectif est de créer tout un écosystème autour des activités rurales pour permettre aux jeunes de développer des initiatives viables», a-t-il expliqué.
Le coordinateur a précisé que cette rencontre constituait «une étape» dans la stratégie de mobilisation des autorités locales. «Le gouvernement a souhaité organiser cette réunion qui regroupe des membres du gouvernement, le gouverneur, les partenaires de mise en œuvre et les autorités locales. Nous avons commencé par une sensibilisation préliminaire afin que les autorités disposent des informations nécessaires et puissent à leur tour relayer le message auprès de la population. Pour les inscriptions, elles sont lancées à travers des fiches d’identification pour les potentiels bénéficiaires. Les jeunes seront retenus en fonction des critères d’éligibilité, notamment l’âge et la zone d’intervention. À partir de là, ils bénéficieront d’un accompagnement, de formations et d’un appui au financement de leurs activités», a fait savoir Fouad Said Hachim.
Pour sa part, le gouverneur de l’île, Dr Zaidou Youssouf, a salué l’initiative. Il a appelé à une meilleure prise en compte des réalités socio-économiques de l’île. «L’on a choisi de lancer ce projet à Ndzuani car c’est un véritable laboratoire pour le développement du pays. Malheureusement, nous constatons souvent que l’expérience commence ici, puis nous nous retrouvons à la traîne par la suite. Il faut que cette pratique cesse. Lorsque nous lançons des initiatives, elles doivent répondre concrètement à nos attentes et aux besoins réels de la population», a déclaré le gouverneur.
Le chef de l’exécutif de l’île a également rappelé le poids démographique que connaît Ndzuani. « J’ai suivi attentivement l’exposé du projet et je le trouve pertinent. Mais il faut rappeler que Ndzuani représente la deuxième île en termes de superficie et représente environ 43% de la population du pays, avec un taux de pauvreté dépassant les 49%. Dans ces conditions, le ciblage des projets doit réellement correspondre à la réalité de l’île. Par exemple, si seulement 1 749 jeunes de Ndzuani sont concernés, soit 29% du ciblage du projet, il est légitime de s’interroger sur l’équilibre de cette répartition. Le développement des Comores doit être harmonieux», a-t-il ajouté.
Dr Zaidou Youssouf a insisté sur les défis structurels auxquels l’île est confrontée, tout en mettant l’accent sur la nécessité de valoriser le potentiel de la jeunesse. « Plusieurs facteurs expliquent nos difficultés : la pression démographique, le déboisement ou encore la destruction du massif corallien. Mais, nous avons aussi un autre défi. Nous avons aujourd’hui beaucoup de jeunes diplômés. Pourtant, nous restons souvent prisonniers d’un savoir académique. Ce dont nous avons besoin, ce sont des intellectuels capables de transformer leurs connaissances en programmes concrets au benefice du pays», a-t-il conclu.


