Une campagne de sensibilisation sur les dangers du mercure a été lancée à Mwali dans le cadre du projet Islands. Formation des acteurs locaux, échanges avec les professionnels et sensibilisation au marché de Fomboni étaient au programme de cette initiative portée par l’Agence nationale de gestion des déchets.
Fomboni a accueilli, vendredi 13 juin, le lancement d’une campagne de sensibilisation sur les risques liés au mercure et aux produits chimiques dangereux. Organisée par l’Agence nationale de gestion des déchets (Angd), sous l’égide du ministère de l’Environnement chargé du Tourisme, cette activité s’inscrit dans le cadre du projet régional “Islands”, visant une gestion écologiquement rationnelle des produits chimiques et des déchets dans les îles de l’océan Indien.
Risques sanitaires méconnus
Durant la première journée, un atelier de formation s’est tenu à l’hôtel Faradel au profit des acteurs institutionnels, des professionnels de santé, des commerçants, des associations de femmes et d’autres représentants de la société civile. La seconde journée a été marquée par une campagne de proximité au marché de Fomboni afin de sensibiliser directement les vendeurs et les consommateurs.
L’utilisation de produits contenant du mercure demeure une préoccupation croissante aux Comores. Certaines crèmes éclaircissantes, mais aussi des équipements ou déchets spécifiques, exposent les populations à des substances dangereuses pouvant avoir des effets graves sur la santé et l’environnement. Animatrice de la formation, Mariama Chabani, experte en gestion des déchets chimiques dangereux, a insisté sur l’importance d’adopter des alternatives sûres et respectueuses de la santé.
Elle a également rappelé la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle et d’élimination des produits à risque. Présent à la rencontre, Ansufoudine Boura, cadre en santé publique et responsable du programme nutrition à la Direction régionale de la santé (Drs) de Mwali, a mis l’accent sur les conséquences de l’exposition au mercure chez les populations les plus vulnérables. «Chez la femme enceinte, le mercure peut traverser la barrière placentaire et atteindre le fœtus. Il peut également être transmis par le lait maternel», a-t-il expliqué.
Le spécialiste a également insisté sur le lien étroit entre santé et environnement. «La santé dépend de l’environnement. Une meilleure gestion des déchets est indispensable», a-t-il plaidé. Au-delà du partage d’informations scientifiques, la campagne vise à encourager des changements durables de comportement. Les organisateurs souhaitent notamment réduire progressivement l’utilisation des produits contenant du mercure et promouvoir des alternatives cosmétiques plus adaptés.
Changer les comportements
Parmi les participantes, Nackchami Ali Himaya dit avoir pris conscience des dangers liés aux produits éclaircissants. «J’ai appris beaucoup de choses au cours de cet atelier. Cette sensibilisation est importante pour les femmes et les familles. J’ai moi-même connu des conséquences avec mon premier enfant qui présentait une malformation.», a-t-elle témoigné. Après Mwali, la campagne doit se poursuivre dans le reste du pays.



