Le groupement Naipenda-Urahafu a lancé à Bambao-Mtsanga un projet de 115,5 millions de francs visant à structurer la collecte, le recyclage et la valorisation des déchets plastiques à Ndzuani, avec des retombées économiques et environnementales attendues.
Le groupement Naipenda-Urahafu a officiellement lancé, à Bambao Mtsanga, le projet «Filière de valorisation des déchets plastiques» à Ndzuani. Financé à hauteur de 115,5 millions de francs comoriens dans le cadre du programme Facilité Emploi 2 soutenu par l’Agence française de développement (Afd), le projet vise à structurer la collecte, le tri et la valorisation des déchets plastiques dans plusieurs communes de l’île. L’initiative ambitionne également de créer des opportunités économiques tout en contribuant à la lutte contre la pollution.
Le groupement Naipenda-Urahafu a lancé ce nouveau projet qui couvrira notamment les communes de Mutsamudu, Domoni, Ouani et Bambao. À terme, la filière devrait permettre la collecte d’environ 100 tonnes de plastiques par an grâce à la mise en place d’une chaîne complète allant de la collecte jusqu’à la transformation des déchets. Les déchets collectés seront triés, nettoyés et broyés dans des centres dédiés à Mutsamudu et Domoni.
Les matières recyclables, notamment le PET et le PP, seront préparées pour l’exportation vers des marchés régionaux comme la Tanzanie et l’Inde. Les plastiques non recyclables seront quant à eux valorisés localement grâce à une unité de pyrolyse destinée à produire un carburant alternatif pour des usages industriels. Prenant la parole au nom du gouvernorat de Ndzuani, la secrétaire générale Daima Abasse a souligné l’importance de cette initiative pour l’avenir environnemental de l’île.
«La valorisation des déchets plastiques constitue un enjeu majeur pour notre pays, déjà fortement impacté par la pression démographique. Comme dans de nombreuses régions du monde, nous sommes confrontés à une accumulation croissante de déchets plastiques qui envahissent nos quartiers, nos plages et nos espaces publics, avec des conséquences néfastes pour l’environnement et la santé. Face à cette situation, nous avons le devoir d’agir», a-t-elle déclaré.
Poursuivant son intervention, elle a insisté sur le potentiel économique du recyclage. «Le plastique, souvent considéré comme un simple déchet, peut devenir une ressource précieuse lorsqu’il est collecté, trié et recyclé. La valorisation des déchets plastiques ouvre des perspectives prometteuses pour la protection de l’environnement, la création d’emplois et le développement d’activités économiques innovantes», a-t-elle ajouté.
La complémentarité des deux associations
De son côté, le directeur général adjoint de la Maison de l’emploi, Arfachade Bacar, a rappelé les motivations qui ont conduit au financement du projet. «Évoquer les défis liés à la gestion des déchets plastiques dans notre pays est presque devenu une habitude tant le problème est connu. Les impacts environnementaux, sanitaires et économiques de la pollution plastique sont évidents.
C’est pour répondre à cette réalité que le programme Facilité Emploi a jugé nécessaire d’accompagner Naipenda à travers un financement conséquent afin d’apporter une solution durable», a-t-il expliqué.Présentant les objectifs du projet, le chef de projet a Naipenda, Clément Robert a mis en avant la complémentarité des deux associations porteuses de l’initiative.
«Ce projet est porté par le groupement Naipenda-Urahafu. Nous sommes deux associations engagées dans le développement communautaire, la protection de l’environnement et la création d’opportunités économiques au bénéfice des populations locales. Nous mettons en commun nos expériences et nos compétences afin de construire des solutions durables aux défis de la gestion des déchets», a-t-il indiqué.
Il a ensuite rappelé le travail réalisé depuis plusieurs années dans le domaine du recyclage. «Ce projet représente pour Naipenda le fruit de dix années d’engagement dans la valorisation des déchets plastiques. Ces déchets possèdent une valeur économique encore largement sous-exploitée. Notre objectif est de transformer un problème environnemental en opportunité économique à travers la mise en place d’une filière structurée de collecte, de tri et de valorisation.
Au cours des deux prochaines années, nous ambitionnons notamment de collecter 200 tonnes de déchets plastiques, d’améliorer leur gestion et de faciliter leur traitement», a-t-il souligné.Dans son mot de bienvenue, l’adjoint au maire de Bambao Mtsanga, Attoumane, a quant à lui salué le lancement de ce projet dans sa commune.
«La commune accueille à bras ouverts cette initiative qui contribuera à la fois à la propreté de nos localités et au développement économique. Les déchets plastiques ont des conséquences importantes sur nos mers, nos rivières et nos rues. Ce projet aura un impact positif significatif au sein de la communauté», a-t-il fait savoir.


