Le ministre de la Culture et le secrétaire général de la Coi ont lancé hier, jeudi 4 juin, un guide régional de l’Océan indien dédié à l’exportation des biens et services culturels.
L’Union des chambres de commerce, d’industrie et d’artisanat (Uccia) a accueilli hier, jeudi 4 juin, la cérémonie de lancement du «guide des exportations des biens et services culturels en indianocéanie». Plusieurs artisans, artistes et entrepreneurs comoriens ont pris part à la cérémonie devant les autorités locales, régionales et des diplomates.
A l’occasion, le secrétaire général de la Coi, Dr Ibrahim Norbert Richard, a souligné que le guide régional des exportations des biens et services culturels en indianocéanie entre dans le cadre du projet de développement des industries culturelles et créatives (Icc), financé par l’agence française de développement.
Il a expliqué que le guide est bien davantage qu’un document technique. «Il exprime notre conviction que la culture est à la fois un marqueur d’identité, un vecteur de dialogue, un ciment social et un levier de développement économique», a-t-il affirmé. Le secrétaire général de la Coi a rappelé que pendant longtemps, la culture a été considérée comme un domaine basé sur le patrimoine et la tradition, mais aujourd’hui, il faut reconnaitre que la culture fait partie intégrante du domaine économique.
«La culture est une économie»
«La culture est une économie», a affirmé le patron de l’organisation régionale qui a précisé que « derrière un spectacle, un film, un festival, une création numérique, un artisanat d’excellence, un design, une production audiovisuelle ou musicale, il y a des métiers techniques, des producteurs, des ingénieurs du son, des logisticiens, des développeurs, des graphistes, des juristes, des diffuseurs, des plateformes et des investisseurs». Il expliquera aussi que les industries culturelles et créatives représentent donc un potentiel considérable de croissance et «un véritable levier de développement pour nos États insulaires. Elles peuvent devenir de véritables filières d’excellence et constituer de nouveaux points de croissance pour nos économies».Ibrahim Norbert Richard a indiqué que le guide lancé hier apporte des réponses concrètes, pratiques et accessibles.
«Il accompagne les utilisateurs pas à pas, pays par pays, afin de mieux préparer, sécuriser et développer leurs échanges dans l’espace indianocéanique», a-t-il mentionné. Pour lui, ce guide est donc «un outil de facilitation» mais aussi «un outil de coopération régionale». De son côté, le ministre de la culture, Said Mohamed Ali Said, a mis l’accent sur l’importance de la culture dans un pays et a remercié tout le monde en saluant les efforts de la Coi et des partenaires comme l’Afd.
L’ambassadeur de France aux Comores, Etienne Chapon, a montré ce que la culture change au niveau économique. Pour le diplomate français, «la culture produit. Elle emploie, elle forme, elle exporte». Il a rappelé ainsi les barrières qui limitent les acteurs culturels de la région à partager et à vendre au niveau des pays voisins. L’ambassadeur regrette que les musiciens, les danseurs qui aimeraient se déplacer d’une île à à l’autre, les artisans qui veulent exporter d’une île à l’autre se «heurtent au même mur invisible, fait de procédures méconnues d’interlocuteurs introuvables, de règles hétérogènes d’un pays à l’autre.
Ce n’est pas un manque de talent qui freine les échanges, c’est un manque d’information». Il a annoncé que la France finance ce projet à hauteur de 5,1 millions d’euros via l’Afd. Pour sa part, le président de l’Uccia, Chamsoudine Ahmed, a insisté sur l’idée de renforcer le secteur culturel qui est, pour lui aussi, un facteur économique considérable. «Les industries culturelles et créatives ne sont pas seulement le reflet de notre identité elles constituent un secteur économique porteur d’avenir, qui mérite d’être structuré, valorisé et fermement accompagné», a-t-il fait savoir.





