Cette question «prend une importance particulière aux Comores où de nombreux travailleurs passent plusieurs heures sous le soleil»

 

Le Centre national de documentation et de recherche scientifique (Cndrs) a organisé, mercredi 30 septembre, une conférence intitulée «La surveillance de la couche d’ozone et des rayonnements ultraviolets (Uv) aux Comores». La rencontre a rassemblé le directeur général du Cndrs, Dr Toiwilou Mze Hamadi, plusieurs agents de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacm), ainsi que des chercheurs associés et des professionnels.

Elle a été animée par le Docteur en «Physique et Chimie de l’atmosphère, spécialiste de l’ozone atmosphérique» et chercheur associé au Cndrs, Abdoulwahab Mohamed Toihir, celui-là même qui a mis en place le premier observatoire de mesure de l’ozone total et des rayonnements ultraviolets aux Comores. Dans son mot d’ouverture, Dr Toiwilou Mze Hamadi a salué la collaboration entre l’institution et le chercheur et souligné l’importance de cette rencontre qui allait, selon lui, «permettre aux chercheurs et aux professionnels présents d’échanger autour d’une question qui concerne directement la population».

«Comprendre et surveiller»

Dans son exposé, Abdoulwahab Mohamed Toihir a, d’abord, expliqué ce que sont les rayonnements UV qui font partie du rayonnement solaire et répartis en trois catégories à savoir les UVc, les UVb et les UVa. Selon lui, le vrai danger aux Comores est invisible du fait de leur proximité avec l’équateur, la sensibilité et du fait que la couche d’ozone laisse passer des niveaux extrêmes d’UV à un indice supérieur à 11.

 Par ailleurs, si les UVc, compris entre 100 et 280 nanomètres, «sont entièrement absorbés par l’atmosphère et ne parviennent pas à traverser la couche d’ozone, ce n’est pas le cas pour les deux autres, les UVb, (280 et 315 nanomètres) qui atteignent, partiellement, la surface, et les UVa, (315 et 400 nanomètres), qui parviennent davantage et frappent violemment la surface».


Il s’est étendu, également, sur le rôle de la couche d’ozone dans ce processus en insistant sur l’importance de sa surveillance stricte. 
Le responsable de la recherche sur l’ozone à l’Anacm et au Bureau Ozone Comores a expliqué que l’intensité des rayonnements UV dépendait, notamment, de la distance du soleil, de la latitude, de l’altitude et de la quantité d’ozone : «le pic du danger se situe entre 10h et 16h, provoquant des brûlures et des risques graves à terme», a-t-il averti.


Pour lui, cette question prend une importance particulière aux Comores, où de nombreux travailleurs comme les pêcheurs, les agriculteurs, les ouvriers du bâtiment et ceux qui travaillent sur les routes passent plusieurs heures dehors : «une exposition prolongée aux UV peut avoir des conséquences sur la santé, notamment sur la peau et les yeux», a-t-il insisté, en citant, entre autres, les maladies comme les conjonctivites, les cancers de la peau, les cataractes, mais aussi la dépigmentation qui fragilise la peau face aux rayonnements UV.


Pour mieux prévenir ces risques, Abdoulwahab Mohamed Toihir a insisté sur la nécessité de disposer de mesures régulières, avec un indice UV qui va permettre de déterminer le niveau d’exposition : «Nous devons effectuer des mesures fréquemment et prendre les précautions pour avertir, informer et sensibiliser la population», a-t-il expliqué.

Un réseau régional de surveillance

Les Comores ont intégré un réseau régional de surveillance des UV dans l’Océan indien, avec Maurice, Mozambique, Les Seychelles, Madagascar et La Réunion. Grâce à cette collaboration, un radiomètre a été installé à la station de Moroni pour mesurer l’indice UV».

 Pour le spécialiste, ces observations doivent, surtout, permettre de mieux informer la population et l’aider à adopter des comportements de protection face à l’exposition quotidienne aux UV. Enfin, il a apprécié le fait que les données recueillies «ont déjà permis la publication d’un premier travail scientifique consacré à l’exposition des Comores aux rayonnements ultraviolets»n.