Le parquet de Moroni a ouvert une information judiciaire. Au moins quatre suspects sont mis en examen, des proches du père présumé actuellement introuvable, selon nos informations.

 

Une découverte a bouleversé, il y a une semaine, la localité de Ntsoralé Ya Dimani. Vendredi 26 juin dernier, vers 14 heures, les habitants ont appris qu’un nouveau-né avait été retrouvé dans les toilettes d’une maison en briques dont les propriétaires résident en France.  C’est un membre de la famille qui était de passage dans la demeure qui a alerté la localité. Le bébé est sorti vivant sur le coup mais il a rendu l’âme, quelques heures plus tard. «La maison en question est presque finie mais n’est pas habitée. Un oncle de l’un des propriétaires se rendait là-bas comme par hasard. Sauf qu’une fois sur le toit, il constate de loin quelque chose sur les toilettes. Il demande à un voisin ce que ça peut être mais ce dernier n’était au courant de rien. A ce moment-là, il décide de descendre pour ouvrir le portail afin de se rapprocher de près », a d’abord témoigné un habitant de la localité. 


Sans tarder, les responsables de la police municipale sont appelés et se rendent rapidement sur les lieux. « L’un d’eux a affirmé avoir d’abord cru qu’il s’agissait d’un boubou et d’une serviette imbibés de sang obstruant le trou des toilettes. Dans un premier temps, il a pensé qu’une femme, après un avortement, avait tenté de dissimuler ses effets personnels. Il a toutefois découvert, avec surprise, qu’un nouveau-né se trouvait à l’intérieur. À l’aide d’une lampe torche empruntée, et après avoir obtenu l’aval du chef de brigade de la gendarmerie de Kwambani, l’agent de police a sollicité de l’aide pour descendre dans la fosse», a poursuivi notre interlocuteur.

Une dissimulation de la grossesse

Après avoir  confirmé que le bébé était vivant, les habitants se sont organisés pour démolir l’un des murs permettant au chef de la police municipale de récupérer le nouveau-né qui pleurait après son repêchage. Direction au centre de santé de GTE, à Kwambani Ya Washili où le médecin en service leur conseille de se rendre à l’hôpital El-Maarouf. Malgré les efforts des médecins, le nourrisson décède quelques heures plus tard. Pour l’heure, le parquet a ouvert une information judiciaire. Au moins quatre suspects sont mis en examen, des proches du père présumé actuellement introuvable, selon nos informations. Les raisons qui ont poussé les parents de ce nourrisson à vouloir s’en débarrasser ne sont pas connues pour l’instant. On sait seulement que la mère est une femme mariée à un homme du même village, installé en France et qui serait par ailleurs le père de ses enfants. Aux dernières nouvelles, la trentenaire était toujours hospitalisée à l’hôpital El-Maarouf, en raison de complications de santé qui seraient en partie à l’origine de la révélation de l’affaire.


En effet, au cours des investigations, les autorités locales ont appris que, jeudi soir, le gardien de la maison, soupçonné d’être le père de l’enfant, se serait rendu au domicile vers minuit, selon les résultats de l’enquête de voisinage. « Un peu plus tard, il a été découvert qu’un chauffeur du village s’était rendu à Moroni ce soir-là. Approché, le conducteur a tout avoué et a révélé l’identité de ses passagers, affirmant les avoir déposés aux urgences. À partir de là, nous avons pu tirer nos conclusions, d’autant que, le lendemain, l’information selon laquelle une femme du village avait besoin de sang à l’hôpital El-Maarouf nous a permis de tout relier», a indiqué une source de Ntsorale ya Dimani, précisant qu’au village, personne n’avait jusqu’ici soupçonné que cette femme cachait une grossesse.