La fermeture d’Amani School, décidée par le ministre de l’Éducation nationale, laisse les communautés de Mbambani et Diboini dans l’attente d’une solution pour poursuivre la scolarité.

 

Le ministre de l’Éducation nationale, Bacar Mvoulana, a décidé la fermeture de l’école communautaire Amani School de Mbambani-Hamanvou, dans la région d’Itsandra. L’arrêté n°26-23/Menesfip/Cab, composé de trois articles, ne précise pas les motifs de cette décision. L’établissement, ouvert en 2011, accueille 113 élèves répartis en huit divisions, de la sixième à la terminale. Particularité de cette école communautaire, elle appartient aux deux localités voisines de Mbambani et Diboini.

Les classes de sixième et de cinquième sont installées à Diboini, tandis que les autres niveaux sont regroupés à Mbambani. L’article 3 de l’arrêté précise que « les élèves régulièrement inscrits dans l’établissement concerné feront l’objet d’un dispositif particulier d’accompagnement et de transfert afin de leur permettre de poursuivre leur scolarité dans des établissements scolaires dûment autorisés ». Le même texte interdit les activités pédagogiques et administratives dans l’établissement pendant la période de fermeture.


Mercredi après-midi,  Al-watwan s’est rendue sur place. Aucun élève, enseignant ou responsable n’était présent dans les deux centres, conformément à la décision ministérielle. Cette fermeture intervient dans un contexte de tensions entre les jeunes des deux localités, dont les premiers épisodes remontent à avril de l’année scolaire précédente. Des affrontements avaient causé des dégâts matériels, notamment des véhicules et des maisons saccagés, ainsi que des blessés et des arrestations.


Ces tensions ont également perturbé la rentrée scolaire. Certains enseignants avaient refusé de reprendre les cours avant d’obtenir des garanties sur une solution durable. L’école avait finalement rouvert sans les élèves de Diboini, après la nomination d’un directeur par intérim et une intervention du ministre de l’Éducation nationale.
Selon Mohamed Abdillah, responsable de l’établissement, une médiation menée par les ministres de l’Éducation et de l’Intérieur avait permis un certain apaisement.

 Une nouvelle réunion s’est toutefois tenue mardi dernier sans aboutir à un accord. « L’une des deux parties a demandé l’indemnisation des dégâts matériels subis », explique-t-il, une proposition qui n’aurait pas été acceptée par les parties concernées. Les habitants de Diboini ont ensuite proposé de regrouper les classes du collège dans leur localité et de maintenir celles du lycée à Mbambani.

 Cette proposition reste cependant contestée à Mbambani. L’enseignant d’arabe Said Hamadi Hamadi défend, pour sa part, l’idée d’une décentralisation de l’établissement entre les deux villages, compte tenu de son statut communautaire. En attendant une nouvelle décision du ministère, les habitants des deux localités restent donc dans l’incertitude quant à l’avenir de l’école. Amani School s’était pourtant distinguée depuis seize ans par ses résultats encourageants aux examens nationaux.