Plusieurs professionnels du droit ainsi que des agents de l’administration des impôts, des douanes et de l’Agence nationale de promotion des investissements (Anpi) ont pris part, cette semaine à Fomboni, à un atelier de formation et de sensibilisation sur le crédit-bail. Ce produit financier «a déjà prouvé son efficacité dans de nombreux pays, notamment à l’île Maurice», a affirmé, en marge de cet atelier, Dhoihirdine Ahamada Bacar, superviseur et point focal du crédit-bail à la Banque centrale des Comores (Bcc).
Il « contribue à la croissance économique du pays en palliant les difficultés liées au financement et aux garanties demandées par les banques », toujours d’après lui. En effet, le crédit-bail « ne nécessite pas de garanties spécifiques, mais consiste à mettre à la disposition des entrepreneurs les machines et les outils de travail dont ils ont besoin ».
La loi sur le crédit-bail aux Comores a été promulguée en 2012, mais jusqu’à présent, les banques n’en ont pas manifesté leur intérêt. Cependant, de l’avis du superviseur, il n’est pas trop tard pour développer ce secteur. « Une étude de faisabilité a été réalisée grâce au financement de l’Afd [Agence française de développement], en collaboration avec la Banque centrale, et une feuille de route a été élaborée, comprenant des formations et des campagnes de sensibilisation », a-t-il annoncé.
En septembre 2023
Notons qu’un groupe de travail a été mis en place pour suivre cette feuille de route, et les premiers prêts bancaires de ce genre devraient commencer en septembre 2023. Ce travail a été entrepris il y a un an, à la demande de la Bcc, qui souhaitait évaluer la situation du crédit-bail dans le pays. Des formations similaires ont déjà eu lieu à Ndzuani et à Ngazidja, afin de sensibiliser tous les acteurs concernés et de favoriser son démarrage avant la fin de l’année.
Ben Ammar Abderrazak, expert en la matière, a proposé aux autorités comoriennes de sélectionner deux premiers opérateurs, qui bénéficieraient d’une assistance technique. Pour illustrer le fonctionnement du crédit-bail, ce dernier a pris l’exemple d’un menuisier qui souhaite passer d’une machine obsolète à une machine moderne, voire à un ensemble de machines pour augmenter sa production. «La banque qui finance ce projet fournira l’équipement et en assurera la propriété. Ainsi, le menuisier pourra collaborer avec d’autres personnes.
Ce financement peut générer une spirale vertueuse. De plus, la loi sur le crédit-bail prévoit une procédure rapide de récupération. Si par hasard, le menuisier n’arrive pas à rembourser, le créancier va récupérer le matériel pour le vendre ou le passer chez un autre menuisier. Donc c’est un outil d’accélération de l’investissement», reste persuadé l’expert financier.