Plus de 200 migrants ont été interceptés à Mwali ces dernières semaines. Cinq Comoriens, soupçonnés d’être passeurs ou complices, sont détenus à Badjo.

 

Les autorités de l’île de Mwali font face, depuis plusieurs semaines, à une multiplication des interceptions de migrants clandestins. Plus de 200 personnes ont été interceptées dans différentes opérations menées à Miringoni, Hamavuna, Wallah et au large de l’île. Parallèlement, la justice s’intéresse désormais aux réseaux qui organisent ces traversées.


Le 9 septembre, un premier groupe de 31 migrants a été intercepté à Miringoni. Quelques jours plus tard, dans la nuit du 14 au 15 septembre, un boutre bleu transportant 151 personnes a été intercepté. Les deux groupes ont été reconduits le même jour vers le large des Comores, avec la Tanzanie comme destination. D’autres interceptions ont suivi au cours des semaines suivantes. Le 18 septembre, 12 personnes ont été interceptées à Hamavuna. Le 3 octobre, deux autres groupes ont été localisés du côté de Wallah. 


Le premier comptait 27 personnes, tandis que le second regroupait une trentaine de migrants. Au total, 73 migrants ont été transférés à Moroni dans la soirée du dimanche 4 octobre, à bord du bateau Sopea. Quatre autres personnes ont cependant réussi à prendre la fuite avant leur transfert. Selon les premières informations, il s’agirait de ressortissants congolais, toujours recherchés par les autorités. Au-delà de l’interception et de la prise en charge des migrants, les autorités judiciaires cherchent désormais à identifier les personnes impliquées dans l’organisation de ces traversées.


Le procureur de la République de Mwali, Elamine Mohamed, indique que cinq Comoriens sont actuellement détenus à la maison d’arrêt de Badjo. Ils sont présentés comme des passeurs et des complices présumés. «Nous avons actuellement 5 hommes enfermés à la maison d’arrêt de Badjo, tous des Comoriens présentés comme des passeurs et complices», indique le procureur. Le magistrat souligne également les difficultés rencontrées par les autorités dans la gestion des migrants sur l’île.

Leur hébergement et leur sécurité constituent notamment des préoccupations pour les services concernés. «Leur transfert était primordial vers Moroni afin qu’ils puissent être accueillis dans de meilleures conditions», explique le procureur. Ces arrestations marquent ainsi un changement d’approche : au-delà des opérations d’interception, les autorités judiciaires entendent remonter la chaîne afin d’établir les responsabilités dans l’organisation des départs et des traversées.