Les Centres ruraux de développement économique (Crde) de Ndzuani, en collaboration avec le projet Chaînes de valeur agricoles (Cva 2025-2030), ont organisé une foire agricole réunissant plusieurs producteurs à Mutsamudu. La cérémonie d’ouverture, tenue samedi dernier au gymnase de Misiri, s’est déroulée en présence du ministre de l’Agriculture. La foire agricole a réuni plusieurs producteurs venus présenter et commercialiser leurs produits. Les visiteurs pouvaient notamment y trouver de la banane, du taro, du manioc, du miel, des poules, ainsi que des légumes comme la laitue et les tomates.

 Des semences de maïs, de patates douces et de bananes étaient également proposées.Lors de son intervention devant la presse, le ministre de l’Agriculture, Daniel Ali Bandar a relevé l’évolution de la production agricole. «Ces temps-ci, les agriculteurs produisent toute l’année, contrairement à avant. La foire a permis de vendre, mais surtout de sensibiliser les agriculteurs et la population sur les prix réels du marché. L’objectif est aussi de faciliter l’écoulement des produits agricoles.

 Nos partenaires et le ministère s’investissent pour produire, mais il faut également favoriser le circuit pour écouler les marchandises. Cela doit permettre aux entreprises de transformation et aux restaurants d’échanger avec les producteurs afin d’éviter le pourrissement des produits», a-t-il expliqué. Selon lui, les prix bas affichés lors des foires tiennent compte des différents coûts liés à la production et à la commercialisation.

«Les prix indiqués prennent en charge tous les aspects liés à la production, au transport et aux marges, par exemple. En termes de production, nous sommes arrivés à un point satisfaisant, mais il reste le défi de la commercialisation. Nous sommes pleinement engagés pour que ce secteur constitue le pilier de notre économie», a-t-il affirmé.
Pour la directrice régionale de l’Agriculture cette initiative s’inscrit dans les actions menées pour soutenir la production agricole et lutter contre l’insécurité alimentaire.

«Nous avons l’habitude d’organiser des foires agricoles pendant la période de ramadan ou de miradj, en plus de la journée mondiale de l’alimentation qui est très proche. Cette initiative s’inscrit dans nos objectifs de lutte contre l’insécurité alimentaire et d’augmentation de la production. Nous espérons, en moyenne, organiser des foires tous les trois mois», a-t-elle fait savoir.

Un lien direct 

Sitty Fatima Mohamed a également évoqué plusieurs difficultés auxquelles sont confrontés les producteurs. Selon elle, la foire doit aussi permettre de rapprocher directement les producteurs et les vendeurs. «Nos agriculteurs ont des difficultés de production liées aux effets du changement climatique. Le calendrier cultural est fortement impacté, avec également des difficultés liées à l’accès à l’eau. L’autre constat est qu’il y a très peu de jeunes dans le domaine de l’agriculture.

L’objectif de la foire est de mettre en relation directement les producteurs et les vendeurs, sans passer par de tas de revendeurs qui pourraient augmenter les prix», a-t-elle mentionné, indiquant que cette foire constitue également une garantie de vente pour les producteurs. Pour Sitty Fatima Mohamed, la foire est un moyen qui permet aussi de créer un lien direct entre ceux qui produisent et ceux qui souhaitent commercialiser les produits.