Inauguré pour deux jours au cœur du quartier de Mtsangani, le marché solidaire a ouvert ses portes hier samedi 18 avril, dans une ambiance conviviale et pleine d’espoir. À l’entrée, une grande pancarte «Namkaribu Marché solidaire» accueillait les visiteurs et annonçait clairement l’esprit de l’événement:solidarité, proximité et valorisation du travail local.Sous des stands bien espacés pour faciliter la circulation, les visiteurs découvraient une offre variée : bananes, patates douces, feuilles de manioc, noix de coco, mais aussi confitures artisanales à base de fruits locaux, pâtisseries maison, jus naturels, piments et papayes. À cela s’ajoutaient des articles du quotidien tels que des assiettes, tapis et produits ménagers, illustrant la diversité des exposants.
Inscrire le marché dans la durée
En début de matinée, l’affluence restait encore modeste. Mais loin de se décourager, les vendeurs affichaient une motivation. Entre discussions, rires et encouragements, une véritable solidarité se crée. «Les gens viendront vers midi», espèreraient les organisateurs, misant sur la fréquentation du week-end.À l’origine de cette initiative, l’association Adn, présidée par Hadidja Salim, entendait inscrire ce marché dans la durée. «Nous souhaitons le pérenniser, l’organiser une à deux fois par mois et, à terme, le faire circuler dans les différents quartiers», a-t-elle expliqué. L’expérience acquise, notamment durant le mois de Ramadan, a permis d’améliorer l’organisation et d’étendre les horaires jusqu’à 17 heures.Mais au cœur du projet se trouvait surtout une réponse concrète aux difficultés rencontrées par les agriculteurs. Said Mohamed, chargé notamment de la fixation des prix, a détaillé la démarche mise en place. «Quand la présidente a créé l’association Adn, nous l’avons accompagnée dès le début. Avant même d’organiser ce marché, nous avons mené un travail de sensibilisation auprès des agriculteurs. Nous sommes allés dans les villages, jusque dans les foyers, pour comprendre leurs réalités, leurs difficultés et leurs attentes. Beaucoup produisaient, mais avaient du mal à vendre correctement leurs récoltes.
C’est ce constat qui nous a poussés à réfléchir à une solution concrète que de créer notre propre marché», a-t-il raconté.
Limiter les pertes
Said Mohamed a alors expliqué le fonctionnement interne. «Pour fixer les prix, je me rends moi-même dans les marchés pour observer les pratiques. Ensuite, nous proposons des prix accessibles, identiques pour tous les vendeurs. Chacun est libre de vendre moins cher s’il le souhaite, mais l’objectif est d’assurer une certaine équité tout en restant abordable pour les clients», a-t-il fait part, insistant sur les moyens mobilisés pour faire vivre le marché. «Nous sollicitons des appuis en envoyant des demandes à différentes institutions. Certains partenaires contribuent financièrement, d’autres mettent à disposition des moyens logistiques. Par exemple, la société des hydrocarbures a financé ce marché. Comores Telecom nous appuie avec des véhicules et du carburant, ce qui facilite énormément le transport des produits depuis les villages éloignés. Et la mairie avec leur accompagnement et leur soutien», a-t-il indiqué.
Sur le plan organisationnel, tout est pensé pour limiter les pertes. «Le marché se tient sur deux jours. Nous restons jusqu’à 18 heures. S’il reste des produits, nous les conservons pour le lendemain. Et si certains vendeurs écoulent tout, ils peuvent appeler leurs contacts aux villages pour se réapprovisionner. Si malgré tout il reste des invendus à la fin, chacun repart avec sa marchandise », a-t-on expliqué. Présent sur les lieux, le maire de la capitale, Omar Mohamed a salué l’initiative. «Nous voulons être proches des citoyens et valoriser l’agriculture locale. Ce marché montre que les Comoriens peuvent produire et consommer localement. Nous invitons également les commerçants à venir y participer », a-t-il lancé.
Au fil des heures, la fréquentation augmentait progressivement. Si la foule n’est pas encore massive, l’essentiel semble ailleurs. Dans l’engagement des participants, la convivialité et les liens qui se tissaient entre vendeurs. Un esprit solidaire qui fait de ce marché une initiative porteuse d’avenir pour l’économie locale.




