La commune de Bambao la Mtsanga inaugure son centre «Sowo la Hazi », destiné à renforcer l’employabilité des jeunes et soutenir le développement local à travers des formations adaptées aux réalités économiques.
La commune de Bambao la Mtsanga a officiellement inauguré, vendredi après-midi, son centre de formation professionnelle « Sowo la Hazi », implanté au sein du collège rural. La cérémonie, marquée par la présence du ministre de l’Éducation nationale et du gouverneur de l’île, s’est tenue dans la cour de l’établissement, avant la traditionnelle coupure du ruban. Ce nouveau centre devient le troisième opérationnel à Ndzuani, après ceux de Mutsamudu et de Sima, et le huitième au niveau national. Il illustre donc l’ambition des autorités d’étendre ce dispositif à l’ensemble du territoire.
Prenant la parole, le coordinateur du programme Msomo na Hazi, Abdallah Nourdine, a mis en avant la portée sociale et économique du projet. «Je suis particulièrement heureux de cette ouverture officielle dans la commune de Bambao la Mtsanga. C’est une fierté. Ces centres doivent permettre aux jeunes d’accéder à des opportunités concrètes pour développer le pays. C’est une solution de paix et de développement pour affronter la vie.
Le centre est déjà fonctionnel et touche toutes les catégories de jeunes. Les résultats attendus sont l’épanouissement des jeunes, le bien-être des Comores et le développement du pays», a-t-il déclaré. La représentante de l’Ong Araf a, pour sa part, mentionné les premiers résultats déjà enregistrés. «Grâce aux efforts fournis, les résultats sont déjà tangibles. À Mwali, pas moins de 1421 jeunes ont été sensibilisés et 154 formés. À Ndzuani, depuis octobre 2025, 400 jeunes sont sensibilisés, 44 formés et 9 déjà insérés dans des secteurs comme l’agriculture, la menuiserie, l’aluminium ou la couture. Rien qu’à Bambao Mtsanga, 15 jeunes sont déjà formés, malgré une inauguration qui n’intervient qu’aujourd’hui», a-t-elle précisé. Le maire de la commune, Mouhtar Saindou, a insisté sur l’impact direct pour la population locale. «C’est un bienfait qui touche toute la commune. C’est un événement important pour l’éducation de nos jeunes. Le chef de l’État a fixé un objectif clair : un jeune, un emploi. Et c’est exactement dans cette direction que nous avançons aujourd’hui», a-t-il affirmé.
Un discours sans détour
Le ministre Bacar Mvoulana a replacé cette ouverture dans une dynamique nationale. «Ce centre que nous ouvrons n’est pas une action isolée ni un simple bâtiment. Il vient consolider un réseau de réussite qui se déploie désormais sur toute l’île, après l’impulsion donnée à Mutsamudu en 2024 et l’ouverture du centre de Sima. C’est une étape décisive et la preuve de notre volonté de ne laisser aucun territoire de côté. Ndzuani dispose désormais d’importants leviers pour mobiliser sa jeunesse et en faire un moteur de développement », a-t-il soutenu.
Il a également rappelé la vision portée par les autorités. «Cette initiative s’inscrit dans la vision du président Azali, qui place la formation, l’employabilité et l’autonomisation des jeunes au cœur du développement. Nous ne nous contentons plus de former, nous investissons dans le capital humain, au plus près des réalités. L’objectif est de préparer des jeunes compétents, capables d’anticiper les défis économiques de demain», a-t-il ajouté. Le ministre a enfin détaillé les ambitions du centre, appelé à devenir «un véritable berceau de l’entrepreneuriat local », avec «un accompagnement sur mesure» et « un suivi personnalisé» pour chaque jeune. En clôture, le gouverneur de l’île, docteur Zaidou Youssouf, a tenu un discours sans détour sur les limites du système éducatif actuel. «Nous ouvrons une porte pour l’avenir de l’île et du pays. Beaucoup de jeunes manquent d’opportunités concrètes pour s’épanouir. Ces centres doivent offrir une chance à ceux qui n’ont pas de formation universitaire. L’éducation universitaire ne correspond pas toujours aux besoins du pays. Le problème de nos jeunes commence dès l’orientation. Ils deviennent parfois prisonniers de leurs diplômes. Ce que le centre attend d’eux, c’est leur courage et leur détermination, pas seulement un diplôme ou un CV», a-t-il conclu.

