La direction générale de l’enseignement technique et professionnel veut convaincre les familles et les jeunes que les formations professionnelles constituent une véritable opportunité d’insertion, à travers une campagne nationale de sensibilisation impliquant médias et partenaires.

 

Pour mieux répondre aux besoins du marché du travail et favoriser l’autonomie économique des jeunes, la Direction générale de l’enseignement technique et professionnel (Dgeftip) veut repositionner la formation technique et professionnelle comme une voie d’avenir aux Comores.Dans cette perspective, le ministère de l’Éducation nationale, à travers la Dgeftip, avec l’appui du projet Komor Initiative, a organisé lundi 22 et mardi 23 juin à l’hôtel Les Arcades Moroni Ambassadeur une session d’information et d’échanges destinée aux journalistes et aux différentes parties prenantes.


Cette rencontre visait à préparer une campagne nationale de sensibilisation destinée à changer la perception de la population, notamment des familles et des jeunes, sur les formations professionnelles. Longtemps considérées comme une solution de dernier recours pour les élèves en difficulté scolaire, ces filières veulent désormais être présentées comme une véritable opportunité d’apprentissage, d’emploi et d’entrepreneuriat.«La plupart des jeunes aujourd’hui qui sortent des centres de formation sont employés beaucoup plus rapidement que ceux issus de la formation générale », a déclaré le directeur général de l’enseignement technique et professionnel, Abdourahim Chanfi Mohamed Toihir.


Selon lui, plusieurs domaines sont accessibles aux jeunes, notamment la soudure, la mécanique, la maçonnerie, la couture, la plomberie ou encore l’électricité. Il a cité également des parcours réussis de jeunes diplômés devenus vétérinaires, employés dans des entreprises ou entrepreneurs ayant créé leurs propres activités.Pour le responsable, l’implication des médias est essentielle dans ce changement de perception. «Nous ne pouvons pas changer cette image sans les journalistes. La sensibilisation commence par eux avant de toucher les autres acteurs», a-t-il .

Des centres répartis dans les trois îles

La Dgeftip bénéficie actuellement de plusieurs appuis financiers destinés au développement de la formation professionnelle. Le directeur général a évoqué notamment un projet de l’Union européenne d’un montant de neuf millions d’euros, un financement d’Expertise France de onze millions d’euros, ainsi qu’un autre programme estimé à vingt-deux millions d’euros. L’État comorien, de son côté, aurait investi six cents millions de francs comoriens pour réduire la pression exercée sur l’enseignement général.


Dans sa vision à l’horizon 2030, le gouvernement souhaite orienter davantage de jeunes vers les métiers techniques. Une soixantaine de jeunes devraient également devenir des ambassadeurs chargés de promouvoir ces formations dans les différentes localités du pays. Les structures de formation existent déjà dans les trois îles. À Mwali, un centre de formation professionnelle agricole propose des parcours allant du certificat d’aptitude professionnelle (Cap) au baccalauréat technique et professionnel. À Ndzuani, l’École nationale technique et professionnelle (Entp) de Wani constitue un centre de référence avec plusieurs filières comme la plomberie, le bâtiment et la maintenance industrielle.


À Ngazidja, plusieurs établissements accueillent également des apprenants, notamment le centre de Djomani ya Mbude, le centre technique de Mkazi et le lycée technique professionnel agricole de Mvuni. La Dgeftip annonce l’ouverture prochaine d’autres structures afin d’élargir l’accès à ces formations.À travers cette campagne, les autorités espèrent faire évoluer les mentalités et convaincre que la formation professionnelle n’est pas une voie par défaut, mais un moyen concret d’acquérir des compétences recherchées et de construire son avenir.