Les autorités ont fait le choix de miser sur «cinq axes prioritaires» pour toutes les programmations de l’année 2025. Les cinq priorités en question vont constituer le socle d’activités de tous les ministères et viendront en complément aux programmes sectoriels déjà engagés en amont pour atteindre les objectifs initiaux du Plan Comores Emergent (Pce). Les actions spécifiques de chaque axe n’ont pas, pour l’instant, été dévoilées à la presse.
Un plan de travail gouvernemental
Le gouvernement a classé par ordre de priorité la vie chère, l’aménagement des grandes villes du pays, les Jeux des îles de l’Océan indien, la gestion durable des déchets et la poursuite de la vision «Un jeune, un emploi», selon les conclusions préliminaires. «Toutes ces priorités sont déjà inscrites dans le cadre du budget 2025, précurseur du budget programme que nous envisageons à très court terme», a souligné Le secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali, dans son discours du forum.
Les ministres ont fait des exposés sur les programmes en lien avec ces axes déjà dégagés avec toutes les implications que cela suppose.
«Chaque axe comporte un ensemble d’activités qui peuvent impliquer, deux, trois ou même six ministères. Au cours du forum, chaque ministère expliquait les différentes actions programmées et qui sont en cohérence avec ce plan de travail gouvernemental (Ptg) de l’année 2025 », a souligné une source du comité technique qui ajoute que les axes vont consolider les acquis enregistrés « par rapport au plan de mise en œuvre du Pce ».
Une vie chère importée
S’agissant de la lutte contre la vie chère, les autorités comptent poursuivre la politique de l’augmentation de l’offre locale avec comme vision de réduire les importations qui ont connu une hausse de 22,5% en 2022. Selon des données officielles, plus de 70% des produits consommés aux Comores viennent de l’extérieur contre 29% fournis localement, aggravant le quotidien des citoyens. De nombreuses mesures visant à contenir l’inflation ont été prises comme la hausse du point d’indice des fonctionnaires, les mesure d’abattement à la douane, les avancements ou encore les foires agricoles organisés pour atténuer la souffrance des consommateurs.
Les autorités ont intensifié les appuis au profit des acteurs agricoles dans le but de promouvoir la productivité, inonder les marchés en denrées agricoles et inverser la tendance actuelle. Même si de nombreux aspects liés à la vie chère restent souvent inabordés Les taxes intérieures, elles aussi, impactent sérieusement les acteurs économiques et, donc, par ricochet l’ensemble des ménages.
L’aménagement de Moroni, Mutsamudu et Fomboni
En 2025, le gouvernement souhaite donner corps aux chantiers des premiers Jeux des îles de l’Océan indien qui pourraient booster de nombreux secteurs. Les travaux de construction des complexes sportifs sont perçus comme une aubaine pour le pays en termes de consommation et d’emplois. Les aménagements des sites dédiés aux jeux mobiliseront presque tous les acteurs économiques et contribueront à redynamiser des domaines clés comme celui des Btp. Même si, à ce jour, il n’existe pas de données sur une étude-impact de ces jeux et ce qu’ils pourraient apporter concrètement à l’économie nationale. Les autorités disent souhaiter faire des « Jioi Comores 2027 » une occasion pour tirer tous les secteurs vers le haut.
L’autre chantier que les autorités souhaitent s’atteler l’année prochaine est l’aménagement des grandes villes du pays : Moroni, Mutsamudu et Fomboni. Des plans d’aménagement des voiries urbaines sont programmés, selon un technicien du ministère de l’Aménagement du territoire qui n’a pas souhaité partager en détail les actions spécifiques retenues par son département. Il ajoute que cette politique de modernisation « de nos trois grandes capitales vise non seulement à se débarrasser durablement des ordures grâce à une gestion durable des déchets mais surtout à désengorger ces villes pour rendre la circulation beaucoup plus fluide ». La politique de gestion des déchets, est, elle aussi, considérée comme essentielle pour tirer d’autres activités pourvoyeuses d’emplois.
Un autre rendez-vous en avril prochain
Sur la vision « Un jeune, un emploi », le gouvernement entend poursuivre les actions visant à assurer d’abord les capacités d’employabilité des jeunes dans le pays.
Des programmes ont été engagés à différents niveaux, avec l’aide des partenaires, pour accompagner l’insertion professionnelle des jeunes en les aidant à obtenir des emplois à la fois qualifiés et durables. Il n’existe pas, à notre connaissance, des données consolidées sur le nombre d’emplois créés ces cinq dernières années. Les autorités disent vouloir poursuivre le cap en 2025 pour « mieux créer les conditions à l’employabilité, soit, par l’appui à la création d’entreprises, soit par le soutien à des secteurs générateurs d’emplois ».
Selon un membre du comité technique, les activités programmées dans chaque axes tout comme les actions prévues dans chaque département ministériel «ont déjà obtenu de financement » et que «les ministères ne peuvent pas justifier aucune incapacité à leur mise e œuvre ». À l’entendre, «rien n’a été programmé au hasard et que tout doit être réalisé car tout a été financé, il n’y aura aucune excuse pour un ministre qui n’aura pas atteint les objectifs qui lui est déjà fixé dans le plan de travail gouvernemental annuel». La prochaine évaluation des actions du gouvernement est prévue en avril 2025.