La deuxième édition du Forum mondial du numérique (GDF) s’est tenue du 8 au 10 octobre à Moscou, réunissant 760 représentants de 120 pays autour de la cyber sécurité, de l’intelligence artificielle et de la coopération internationale.

 

Moscou a accueilli, du 8 au 10 octobre, la deuxième édition du Forum mondial du numérique (Gdf). Plus de 1 300 participants de 111 pays ont échangé sur la souveraineté numérique, l’intelligence artificielle, les médias et la coopération internationale. L’Union des Comores n’y était pas officiellement représentée, contrairement à la première édition, en 2025, à laquelle avait participé le ministre chargé des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique.


Organisé au complexe Mechta, dans le parc Gorki, le forum a réuni responsables politiques, experts, universitaires, entreprises et acteurs de la société civile. Plus de 60 sessions et la participation de plus de 70 hauts responsables russes et internationaux ont rythmé les trois journées de travaux.La souveraineté numérique a constitué l’un des principaux axes des discussions. Pour les États, il ne s’agit plus seulement d’accéder aux technologies, mais aussi de maîtriser les infrastructures, les données et les outils numériques.

 Sergueï Kirienko, premier chef de cabinet adjoint du Bureau exécutif présidentiel russe, a notamment exprimé la volonté de Moscou de devenir un partenaire des autres pays dans ce domaine. À la clôture, Maxim Oreshkin, chef de cabinet adjoint du Bureau exécutif présidentiel, a souligné les liens entre l’intelligence artificielle, la maîtrise des données et l’autonomie technologique.


La régulation de l’intelligence artificielle a également occupé une place importante. Lors d’une séance plénière, le vice-Premier ministre russe Dmitry Grigorenko a participé aux échanges sur la possibilité d’établir un cadre commun de régulation ou de voir coexister plusieurs approches. Les discussions ont porté sur les modèles d’IA en libre accès, leurs usages et les risques liés à leur déploiement, avec la nécessité de concilier innovation et sécurité.


Les médias ont fait l’objet de plusieurs sessions consacrées aux effets du numérique et de l’IA sur le journalisme. Désinformation, vérification des faits, fiabilité des contenus générés automatiquement et responsabilité éditoriale ont figuré parmi les sujets abordés. Les experts ont également examiné les transformations des rédactions, la distribution des contenus par les algorithmes et l’évolution des habitudes de consommation médiatique. Si l’intelligence artificielle peut assister les journalistes dans leur travail, son utilisation exige des compétences adaptées et un encadrement garantissant la fiabilité de l’information.


Le patrimoine linguistique et culturel a constitué un autre volet du forum. Les participants ont étudié les possibilités offertes par l’IA pour préserver les langues disposant de peu de ressources numériques. Pour les Comores, le développement d’outils intégrant le shikomori représente une piste pour faciliter l’accès à l’information, à l’éducation et aux services publics, tout en favorisant la transmission culturelle. Cette ambition nécessite toutefois des données linguistiques, des compétences techniques et des politiques publiques adaptées.


La coopération internationale a également été abordée, notamment autour des infrastructures, de la formation et des échanges technologiques. Cristina Amor Maclang, cofondatrice de l’Association internationale des économies numériques, a relevé la concentration des centres de données aux États-Unis et en Chine. Yury Lindre, du Centre pour la coopération mondiale en matière de technologies de l’information, a présenté un indice évaluant la souveraineté numérique de 117 pays. 


La Russie y occuperait la troisième place, derrière les deux puissances, et la première en matière de résistance à l’influence extérieure. Pour les Comores, ces échanges soulignent plusieurs priorités : améliorer l’accès à Internet, renforcer les compétences locales, sécuriser les données et réduire la dépendance technologique. La formation des jeunes, l’accompagnement des médias et l’intégration du shikomori dans les outils numériques constituent autant de chantiers pour soutenir une transformation numérique adaptée aux réalités nationales.