La réhabilitation du Centre de formation technique et professionnelle de Fumbuni est lancée. Ce projet financé par l’Agence française de développement vise à renforcer les compétences des jeunes et favoriser leur insertion.
La ville de Foumbouni a accueilli, mardi 16 juin dernier, la cérémonie officielle de pose de la première pierre des travaux de réhabilitation du Centre de formation technique et professionnelle (Cftp). Ce projet, financé par l’Agence française de développement (Afd) en collaboration avec Expertise France, Comores Initiative et le ministère de l’Éducation nationale, ambitionne de renforcer l’offre de formation professionnelle et de favoriser l’insertion des jeunes dans le monde du travail.
La cérémonie a débuté par le mot de bienvenue du maire de la commune d’Itsahidi, Ali Boinaheri. Après avoir adressé ses remerciements au gouvernement comorien, en particulier au président Azali Assoumani, l’édile a tenu à saluer l’engagement de l’Afd dans le secteur de l’éducation nationale. «Ce centre de formation technique moderne, nous espérons qu’il accueillera l’ensemble des jeunes Comoriens afin de leur permettre de trouver une place dans la société active de notre pays. C’est pourquoi nous accueillons ce projet avec beaucoup de reconnaissance et de satisfaction», a-t-il déclaré.
Le maire a fait savoir que les investissements dans la formation professionnelle contribuent directement à la construction de l’avenir de la jeunesse comorienne. Avant de conclure son intervention, il a toutefois attiré l’attention des autorités sur l’état préoccupant du lycée et du collège de Fumbuni, estimant que ces établissements nécessitent une réhabilitation urgente.
Prenant la parole à son tour, le premier conseiller de l’ambassade de France aux Comores a rappelé la portée symbolique de cette pose de première pierre. «Cette pierre doit être solide, car c’est elle qui détermine l’avenir», a-t-il dit.
Selon lui, l’ambition du projet dépasse largement le cadre de Fumbuni et vise à servir l’ensemble des villages de la région de Mbadjini, dont l’économie repose essentiellement sur l’agriculture et la pêche. Ces secteurs nécessitent des compétences techniques adaptées, notamment pour assurer la maintenance des équipements indispensables à leur développement, comme les chambres froides utilisées par les coopératives de pêcheurs.
La diversification des formations techniques et professionnelles
Le diplomate français a présenté ce projet comme une nouvelle illustration de l’engagement de la France en faveur de la jeunesse comorienne à travers la diversification des formations techniques et professionnelles utiles au développement du pays. «Il s’agit d’une opportunité de développer les compétences des jeunes et de les encourager à valoriser les richesses qui se trouvent près de chez eux plutôt que de chercher leur voie dans des aventures extérieures et hasardeuses», a-t-il expliqué.
Pour lui, former un jeune à un métier revient à lui offrir de réelles perspectives d’emploi, de revenus et de stabilité économique, là où un diplôme général ne garantit pas toujours une insertion professionnelle. Il a rappelé que, dans le cadre du Plan de développement France-Comores signé en 2019, près de 32 millions d’euros ont été consacrés à la formation technique et professionnelle dans l’archipel. Il a enfin exprimé le souhait de revenir à Fumbuni pour inaugurer le centre au début de l’année prochaine.
Le ministre de l’Éducation nationale, Bacari Mvoulana, a pour sa part souligné la dimension stratégique de ce projet pour l’avenir du pays. «La pierre posée aujourd’hui est bien plus qu’un simple élément de construction. Elle symbolise l’avenir de notre jeunesse et la volonté du gouvernement de créer des opportunités permettant de bâtir une économie fondée sur les compétences et les savoir-faire», a déclaré le ministre. Il a profité de cette occasion pour remercier l’ensemble des partenaires impliqués dans la réalisation du projet, notamment l’Agence française de développement, Expertise France ainsi que les équipes du projet Comores Initiative.
Financé à hauteur de 132 millions de francs comoriens, le chantier sera réalisé par une entreprise locale de la région de Mbadjini. Une source de satisfaction particulière pour le ministre qui a salué la capacité des entreprises nationales à porter des projets d’envergure. «Lorsqu’une entreprise comorienne réalise un projet de cette importance, c’est tout un pays qui progresse», s’est-il réjoui. Le ministre a également rappelé que neuf établissements de formation professionnelle ont déjà été construits à travers le pays et que celui de Fumbuni deviendra le dixième.



