Des syndicats issus de presque tous les secteurs d’activité ont arpenté les rues de la capitale pour réclamer une amélioration des situations professionnelles et statutaires des travailleurs.

 

La journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs a été célébrée, ce vendredi 1er mai, comme tous les ans, à la place «Mvuvudjuu» de Moroni, communément appelée ancienne Chambre de députés. Précédée par une marche pacifique des syndicats et sociétés comoriens, qui a débuté, comme d’ordinaire, de la place Kartahala (Gare du sud) à la place de l’indépendance, la cérémonie a connu une mobilisation moins forte que d’habitude.  

Cependant, plusieurs syndicats, notamment la Confédération des travailleurs et travailleurs Comoriens (Cttc), le syndicat nationale des enseignants de l’Université des Comores (Sneuc), le syndicat de Moroni Terminal, celui de la Société comorienne des ports (Scp), le syndicat des paramédicaux (Synas), la commission du conseil de la jeunesse (Cnjc) et l’association Ngo’shawo, entre autres, ont répondu présents. Plusieurs partenaires tels que la gendarmerie nationale (And), la préfecture de Moroni, Rooshdy médias, l’Hôtel Retaj, la société Salama, Moroni Terminal et la Caisse des retraites, étaient également représentés.


Durant la marche, des slogans faisaient écho à un cri d’alarme ou de soutien face à la vie chère. «Non aux statuts précaires», «Mishahara nayiheye (pour une augmentation des salaires)», «Accès aux soins (mzihira mdru napvone)», des slogans qui résonnent dans la rue.

La sécurité et la santé au travail

Arrivée à la place « Mvuvudjuu » pour la clôture, une fatiha a été prononcée en la mémoire de feux Salim Bachir et Binti Mhadjou, deux fervents défenseurs de cette journée. Le secrétaire général de la Cttc Mohamed Mtsahoi, a tout d’abord rappelé la nécessité de célébrer cette journée avant de mettre l’accent sur les droits revenant à tout employé jusqu’à la réclamation.

Concernant l’éducation, le secrétaire général de la Fédération des syndicats des enseignants aux Comores, Mohamed Maanfou, est revenu sur les problèmes liés actuellement au secteur de l’éducation. Il a mentionné les assises nationales, la valeur d’un enseignant dans un pays, mais également le droit de grève pour ne citer que ceux-là. « Nous, enseignants, sommes mis dans une enveloppe pour ne pas réclamer nos droits. Pire, un arrêté est sorti récemment pour nous prélever d’autres taxes et impôts sur nos misérables salaires », a-t-il déploré.

La chargée de la sécurité et de la santé au travail à la Cttc, Abdou Amirnat, a mis « l’accent sur la santé au travail, les abus de pouvoir des supérieurs hiérarchiques, la grève à l’hôpital El-Maarouf et la ratification des conventions sanitaires » par les Comores. « La levée de la grève fait suite à un dialogue social », a-t-elle indiqué, mentionnant que « des solutions concrètes seront observées d’ici la semaine prochaine ».  Pour sa part, Houssamidine Saindou a parlé au nom du syndicat de Comores Télécom concernant la vie chère, «cause majeure», selon lui des Avc qui seraient provoqués, à l’en croire par «des salaires insuffisants».  De son côté, Said Ali du syndicat de la Scp, a souligné les spéculations sur le prix de pétrole lampant, la consommation élevée des compteurs Sts et la pénurie d’eau qui aggrave la vie chère  en particulier dans la capitale du pays.


Le président des retraités aux Comores, Andjibou Ali Said, a évoqué la situation actuelle des agents à la retraite. « Tous les ans une centaines d’agents est mise à la retraite. Et une fois à la retraite, la caisse nationale t’oblige à faire du rachat de ce que la trésorerie générale devait verser à la caisse. Syndicats, pensez-y et penser à la retraite avec la revalorisation 1800 », a-t-il lancé. A son tour, le secrétaire général de la Cttc, Ibrahim Omar a déploré une nouvelle fois la signature d’un arrêté de ponction de salaire au lieu d’une augmentation. Il a appelé les  syndicalistes à se réveiller pour réclamer leurs droits notamment par la proposition de réformes. « Un syndicaliste n’est pas l’ennemi d’un pays mais plutôt un moteur de développement », a-t-il expliqué, appelant les syndicats à bien se former pour pouvoir bien défendre les droits des travailleurs et travailleuses..