Depuis plusieurs jours, la rareté du gasoil provoque de longues files d’attente devant les stations-service. Chauffeurs, livreurs et particuliers voient leurs activités fortement perturbées, tandis que les stocks disponibles s’épuisent en quelques heures seulement.
Depuis plusieurs jours, les stations-service de la capitale et de ses environs peinent à répondre à la forte demande en carburant, particulièrement en gasoil. D’interminables files de voitures et de motos se forment devant les stations, perturbant fortement les activités des usagers, notamment celles des chauffeurs de taxi et des livreurs.
À la station Mouzdalifa, un pompiste ayant requis l’anonymat a indiqué que les approvisionnements en gasoil restent insuffisants. «Nous recevons des livraisons tous les jours, mais les quantités sont faibles. Une fois le stock arrivé, il est écoulé presque aussitôt », affirme-t-il. Selon lui, la situation est différente pour l’essence et le pétrole lampant. «L’essence ne pose pas de problème et le pétrole nous est livré régulièrement chaque vendredi. En revanche, pour le gasoil, nous ne recevons pas toujours les quantités demandées», ajoute-t-il. Hier après-midi, de longues files de véhicules étaient visibles aux abords de la station. Cependant, le carburant disponible n’a pas tenu plus de plusieurs heures avant l’épuisement du stock.
Même constat à la station Filling d’Ajao, ouverte depuis moins d’un mois. Son responsable, Mahamoud Ali Ahmed, affirme que les livraisons sont quotidiennes, mais les quantités varient considérablement. «Nous recevons parfois peu, parfois beaucoup. Dans tous les cas, les stocks ne durent pas plus de trois heures», a-t-il fait savoir. Il a ajouté que certains jours, les livraisons accusent du retard. «Aujourd’hui encore, nous attendons toujours notre approvisionnement», poursuit-il. La station commercialise aussi bien de l’essence que du gasoil, mais ce dernier reste le produit le plus sollicité.
Au niveau de la station-service du Port, une impressionnante file de véhicules s’étendait à perte de vue. Plusieurs personnes avaient également apporté des bidons dans l’espoir de se procurer du carburant. Chauffeur de taxi, Archad Ben Ahmed affirme que ses activités sont fortement perturbées depuis quelques jours. «Je fais très attention à ma consommation parce qu’il est difficile de trouver du gasoil. J’ai déjà fait deux stations celle-ci est la troisième. Je suis là depuis six heures du matin», raconte-t-il. Et alors qu’il s’apprêtait enfin à faire le plein, le stock s’est épuisé. «C’est ce que je craignais. Je vais encore devoir attendre. Mes activités restent suspendues», déplore-t-il.
Même situation chez Nasser, un livreur, qui dit avoir sillonné plusieurs stations depuis la veille sans succès. Cette situation l’a contraint à interrompre ses livraisons. Soulagé d’avoir finalement trouvé du carburant, il espère reprendre son activité au plus vite. À Bonzami également, les scènes se répètent : files interminables de voitures et de motos, conducteurs allongés dans leurs véhicules ou assis à l’ombre, attendant pendant des heures dans l’espoir de pouvoir s’approvisionner.



