Réunis à Moroni dans le cadre du projet Shawiri, responsables politiques, parlementaires, organisations de la société civile et partenaires au développement ont échangé sur les moyens de renforcer l’égalité femmes-hommes et l’inclusion.

 

À l’initiative du projet Shawiri, un séminaire d’échange consacré aux politiques publiques de genre s’est tenu mercredi à l’hôtel Retaj à Moroni. La rencontre a réuni la ministre de la Promotion du genre, Fatima Ahmada, des parlementaires, des représentants d’organisations de la société civile, des femmes engagées dans la vie citoyenne ainsi que plusieurs partenaires techniques et financiers. L’objectif était de favoriser les échanges autour de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la participation des femmes à la vie publique et de l’intégration de l’approche genre dans les politiques publiques.


En ouvrant les travaux, le chef du projet Shawiri, Hamza Fasi-Fihri, a mis en avant l’importance de réunir autour d’une même table les élus, les autorités publiques et les acteurs de la société civile. Selon lui, ce cadre de concertation permet de renforcer le dialogue sur les politiques nationales de genre et de consolider les partenariats entre les différentes parties prenantes.


Il a rappelé que Shawiri est un programme financé par l’Union européenne et mis en œuvre par un consortium regroupant notamment l’Ong Maeecha, la Croix-Rouge française et le Croissant-Rouge comorien. Le projet vise à promouvoir la participation des femmes et des jeunes tout en renforçant le rôle de la société civile dans le développement du pays.

Une nouvelle génération de femmes

Le responsable du programme a présenté les principaux axes d’intervention de Shawiri, qui s’articulent autour de l’amélioration des services destinés aux femmes et aux jeunes, du renforcement des capacités des organisations de la société civile afin de soutenir leurs actions de plaidoyer, ainsi que de l’accompagnement des institutions publiques dans leurs relations avec ces organisations. Hamza Fasi-Fihri a également souligné plusieurs actions menées en collaboration avec le ministère chargé du Genre.

 Parmi elles figurent la relance du groupe thématique genre, l’appui à l’élaboration du plan stratégique du ministère et l’accompagnement des assises nationales sur les violences basées sur le genre. Il a, par ailleurs, évoqué le travail réalisé auprès des femmes parlementaires, dont plusieurs ont bénéficié de formations en leadership ainsi que d’un programme de mentorat assuré pendant une année par une ancienne parlementaire et vice-première ministre belge.

 Prenant la parole au nom du gouvernement, la ministre Fatima Ahmada a salué les résultats de ce programme de mentorat qui a concerné vingt-cinq femmes leaders comoriennes. Selon elle, ces bénéficiaires constituent une nouvelle génération de femmes capables de jouer un rôle actif dans les transformations politiques, économiques et sociales du pays.


La ministre a rappelé les efforts engagés par les autorités comoriennes pour promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes, notamment à travers le renforcement du cadre juridique et institutionnel et les initiatives visant à favoriser une plus grande participation des femmes aux instances de décision. Elle a insisté sur le fait que l’égalité de genre constitue un levier essentiel pour la stabilité et le développement national.


De son côté, la chargée de programme de l’Union européenne, Nadia Tourqui, a réaffirmé l’engagement de l’institution européenne en faveur de l’autonomisation des femmes aux Comores. Elle a souligné l’importance du dialogue entre les pouvoirs publics, les parlementaires et la société civile afin de bâtir des politiques publiques plus inclusives.La rencontre a également permis à la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés de présenter son initiative sur la masculinité positive.

 Représentant la présidente de l’institution, le bâtonnier Aticki Ismaël a plaidé pour une implication plus forte des hommes dans la promotion des droits des femmes et de l’égalité. Au terme des échanges, les participants ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coopération entre institutions, partenaires et société civile afin de promouvoir une gouvernance plus inclusive au service du développement des Comores.