La gestion des déchets est devenue un enjeu central de santé publique et de protection de l’environnement à Mwali. Pour la première fois de son histoire, l’île se dote d’un site de décharge. Celui-ci, octroyé gracieusement par le préfet Mguereza, est situé dans le plateau de Djando, plus précisément à côté du village de Kangani, à quelques mètres de la route reliant cette localité à la cité de Hanyamwada, non loin des habitations.
«Ce projet de longue date marque enfin une avancée significative pour la salubrité publique et l’amélioration du cadre de vie des habitants de Mwali», a souligné le ministre de l’Environnement Abubakar Ben Mahmoud, en déplacement sur l’île le samedi 28 mars pour la cérémonie officielle de remise de ce terrain.
L’événement s’est déroulé au gouvernorat de Bonovo où des élus communaux ainsi que des responsables de l’Agence nationale pour la gestion des déchets étaient tous invités pour témoigner de cette action citoyenne. «C’est grâce à la générosité du préfet de Djando, Ali Yssoufou Mguereza, plus connu sous le pseudonyme de ‘Phylo’, que le territoire se dote d’un lieu de décharge qui va répondre aux exigences environnementales et sociales de l’île », a fait savoir le ministre qui a salué « un acte de solidarité et d’engagement citoyen».
Abubakar Ben Mahmoud a expliqué que l’initiative constitue «une étape majeure vers une gestion durable et responsable des déchets» aux Comores. «Nous avons acheté des camions compacteurs qui seront sur place d’ici le mois de juin prochain pour assurer la collecte des ordures. J’appelle les responsables communaux à engager les actions de sensibilisation auprès de la communauté locale et se concerter entre eux afin d’établir un plan de gestion des déchets pour l’intérêt de l’île», a-t-il déclaré.Pour le donateur de ce terrain, la question des déchets à Mwali est une urgence absolue pour une île classée comme réserve de biosphère mondiale par l’Unesco.
La sensibilisation des communautés
«Malgré cette distinction, nos plages, nos rues et mêmes nos quartiers sont tous envahis par des dépotoirs sauvages d’ordures. C’est une catastrophe à grande échelle puisque nous respirons des maladies, nous consommons des microbes et nous détruisons notre existence. Il fallait qu’on fasse quelque chose pour redresser cette situation», s’est justifié le préfet Phylo.En tout cas, pour les autorités, «cette volonté doit être accompagné par un changement de mentalité des habitants car nombreux d’entre eux osent jeter volontairement leurs déchets ménagers dans les plages publiques bien qu’il existe certaines associations communautaires qui se chargent du nettoyage des ordures».




