Le premier forum national des aires marines gérées localement aux Comores (Lmme), s’est tenu du lundi 31 août au mercredi 2 septembre au Retaj à l’initiative de l’Union internationale pour la conservation de la nature (Uicn) avec l’ambition de renforcer la voix des communautés côtières dans la conservation marine. Une étape importante dans la structuration de ce mouvement créé en 2025. «Nous sommes ici pour organiser le premier forum des Lmme, ou des aires marines gérées localement aux Comores», a expliqué Vatosoa Rakotondrazafy, responsable de la gouvernance régionale de l’Uicn. La rencontre a réuni des représentants des communautés locales issues des différentes îles, afin de réfléchir collectivement à l’avenir du réseau.
Au cœur des échanges figure notamment l’élaboration d’une stratégie nationale de plaidoyer. «L’objectif est de permettre aux communautés engagées dans la gestion des espaces et des ressources marines de porter davantage leurs préoccupations auprès des institutions», a-t-on expliqué. «Le forum a également permis d’identifier les besoins en matière de renforcement des capacités ainsi que les conditions nécessaires à une meilleure reconnaissance institutionnelle et légale du réseau des Lmme», a-t-on ajouté.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet Resea, qui vise notamment à renforcer la résilience des communautés côtières face aux effets des changements climatiques. Pour l’Uicn, «la conservation marine ne peut être dissociée des réalités sociales et économiques des populations qui dépendent directement des ressources côtières ». Une attention particulière est ainsi accordée à l’inclusion des femmes et des personnes marginalisées dans les processus de conservation et de gestion des ressources marines. «Nous travaillons beaucoup sur tout ce qui est inclusion des femmes et des personnes marginalisées dans les questions de conservation marine en général», a souligné Vatosoa Rakotondrazafy.
Une visite à Malé
Au-delà des discussions institutionnelles, le réseau entend surtout favoriser les échanges directs entre les communautés. Le partage d’expériences est considéré comme un moyen concret de renforcer les connaissances et de diffuser les pratiques qui fonctionnent sur le terrain. Dans cette logique, une visite d’échanges a notamment été organisée à Malé autour de la restauration des mangroves.
Said Ahamada, manager pays de l’Uicn aux Comores, a expliqué que cette initiative vise à permettre aux communautés des différentes îles de découvrir les expériences menées ailleurs. «Nous sommes allés à Malé pour visiter une communauté côtière avec des questions de restauration de mangroves», indique-t-il. L’objectif est de permettre aux communautés venues notamment de Ndzuani et de Mwali de voir concrètement comment d’autres populations s’impliquent dans la gestion locale des ressources marines. En juin, une visite auprès de communautés de femmes avait déjà été organisée afin de renforcer le partage d’expériences entre acteurs locaux. Pour Said Ahamada, cette dynamique d’échange constitue précisément l’une des raisons ayant conduit à la création du réseau national des Lmme.
À travers ce premier forum, le réseau cherche ainsi à poser les bases d’une collaboration durable entre les communautés côtières comoriennes. Entre renforcement des capacités, reconnaissance institutionnelle, inclusion sociale et partage d’expériences, l’enjeu est de faire de la gestion locale des ressources marines un véritable levier de résilience face aux changements climatiques.




