Après Pékin, les séminaristes africains ont poursuivi leur immersion à Changsha, entre technologies de pointe, industrie électrique, porcelaine millénaire et évolution de l’écriture chinoise. Ils y ont découvert les multiples facettes du développement chinois.
Après trois jours de travaux à Pékin, les participants au Séminaire sur la gestion et l’exploitation numériques de la radiodiffusion et de la télévision pour les pays africains ont poursuivi leur séjour en Chine à Changsha, capitale de la province du Hunan. Pour cette nouvelle étape, les délégations du Burkina Faso et du Cameroun ont rejoint les autres participants afin de découvrir à la fois les avancées technologiques de la ville et son riche patrimoine culturel.
La visite, entamée mardi 11 août, a commencé par la Cité internationale des talents du lac Daze. Ce nouvel espace est consacré à l’accueil et à l’accompagnement des talents étrangers. Son centre d’accueil de 500 m² dispose de sept guichets bilingues et de traducteurs automatiques capables de couvrir 32 langues.
Le dispositif permet notamment de faciliter les démarches liées aux visas, aux permis de travail, aux titres de séjour et à la reconnaissance du statut de talent. Les visiteurs ont également découvert les secteurs stratégiques développés par Changsha, parmi lesquels les technologies quantiques, les terminaux intelligents, la santé et les biotechnologies. La ville cherche ainsi à favoriser un environnement où commerce, recherche et éducation peuvent se développer conjointement.
«La Chine est vraiment avancée»
Les participants ont été particulièrement impressionnés par le niveau de développement technologique observé. Kavish, ingénieur au département de génie civil de la chaîne Mbc à Maurice, a estimé que les progrès chinois sont le résultat d’un effort engagé depuis plusieurs décennies. «La Chine est vraiment avancée. Je crois que c’est un travail entamé il y a cinquante ans, et c’est maintenant qu’elle en récolte les fruits», s’est-il ébahi.
Il a salué également l’accueil réservé aux visiteurs et la volonté des interlocuteurs chinois de partager leurs expériences. Même constat pour Koyagbele Jean Claude Prince, directeur de l’information de la télévision centrafricaine et ancien directeur général du cinéma centrafricain. «C’est exceptionnel, une très grande découverte», a-t-il confié. La matinée s’est poursuivie à C-Kingdom Cable Technology, entreprise spécialisée dans la fabrication de câbles électriques et de matériaux conducteurs. Fondée en 1997, la société figure parmi les 500 plus grandes entreprises manufacturières chinoises et exporte ses produits vers plus de 40 pays.
Sa directrice générale, Zhao Liping, a présenté les différentes gammes de produits, notamment les câbles moyenne tension allant jusqu’à 35 kV, les câbles basse tension, les câbles de contrôle, les câbles pour équipements électriques ainsi que les solutions destinées aux infrastructures ferroviaires et industrielles. Ahmed Soueid Ahmed, directeur du réseau terrestre de la Télédiffusion de Mauritanie, s’est particulièrement intéressé aux capacités de l’entreprise. Il a relevé la diversité des câbles proposés, leur adaptation aux normes des clients ainsi que leur compétitivité par rapport à d’autres marchés.
La mémoire de la porcelaine et de l’écriture
L’après-midi a été consacré au patrimoine culturel. Les séminaristes ont d’abord visité le musée du four de Changsha Tongguan, consacré à une tradition de fabrication de porcelaine vieille d’environ 1 200 ans.À l’époque, les productions étaient transportées par voie maritime et commercialisées jusqu’en Égypte et en Tanzanie. Des vestiges récupérés en 1998 par des archéologues chinois, notamment à partir d’une épave, sont aujourd’hui conservés dans le musée.Bols, vases, gourdes, statues en terre cuite et un four de 67 mètres de long témoignent de l’importance historique de cette activité.
Les visiteurs ont également découvert les différentes étapes de fabrication de la porcelaine et les inscriptions figurant parfois sur les objets, permettant de retracer plusieurs périodes de l’histoire chinoise. La journée s’est achevée au musée d’art des caractères chinois Songdam du Hunan. La guide, Tang Wan Xin, y a retracé près de 6 000 ans d’évolution de l’écriture chinoise, des inscriptions anciennes sur bambou aux formes raffinées de la calligraphie. Les participants ont notamment découvert les quatre trésors du lettré (pinceau, papier, encre et pierre à encre) ainsi que les douze animaux du zodiaque chinois. La visite s’est conclue par un atelier au cours duquel les séminaristes ont eux-mêmes tracé leurs premiers caractères chinois, donnant une dimension interactive à cette immersion dans la culture chinoise.


