Malgré un potentiel réel et une présence sur l’ensemble du territoire comorien, la production de girofle à Ngazidja reste faible. Entre contraintes naturelles, désintérêt des producteurs et manque de valorisation, les acteurs de la filière appellent à une relance structurée.

 

Introduit à l’époque coloniale, le girofle fait partie de ces cultures d’exportation qui ont longtemps façonné l’économie agricole des Comores. Mais à Ngazidja, cette filière semble aujourd’hui marquer le pas. Moins investie que dans les autres îles, elle peine à mobiliser les producteurs, malgré des conditions pourtant favorables dans plusieurs régions.Questionné à ce sujet, le président de la coopérative Unono wa Karanfu, Said Soeufou Elhad, également délégué de la filière girofle dans la région de Hambuu, rappelle qu’une étude a identifié quatre zones de forte concentration à Ngazidja.

«Normalement des régions comme Mbadjini Ouest, Hambuu, Bambao ya Hari et Bambao ya Juwu peuvent produire beaucoup de girofle», explique-t-il, mentionnant toutefois une présence massive qui ne se traduit pas par une production significative. Selon lui, plusieurs facteurs expliquent ce désintérêt. «Tout cela est due aux débordements des sources et à la négligence quant à l’entretien des plantations», a-t-il souligné, avant de poursuivre : «Dans certaines zones, les girofliers sont laissés et livrés à eux-mêmes, faute de suivi régulier». Le président d’Unono Wa Nkaranfu note également qu’au-delà de ces contraintes naturelles, s’ajoute un problème économique. «Les producteurs sont découragés par le manque de valorisation des prix à Ngazidja par rapport aux autres îles», poursuit-il. A l’en croire, au-delà des difficultés, c’est toute la filière, peu structurée, qui est en question. 

Sensibiliser pour relancer

Héritage de l’époque coloniale, le girofle reste majoritairement exporté à l’état brut. Une situation qui réduit considérablement les marges des producteurs car dans les autres îles, beaucoup plus à Ndzuani, cette culture mobilise davantage et constitue une source de revenus importante pour les familles. En revanche, à Ngazidja elle peine encore à s’imposer comme une activité prioritaire.Face à ce constat, des initiatives commencent à émerger. Said Soeufou Elhad a annoncé le lancement prochain d’une campagne de sensibilisation dans la région de Hambuu. Une initiative portée par la coopérative Unono wa Karanfu dans l’objectif de redynamiser la filière, encourager l’entretien des plantations et susciter un regain d’intérêt chez les producteurs.