Validée après deux jours de travaux, la stratégie nationale de gouvernance des données doit renforcer la souveraineté numérique, protéger les citoyens et améliorer l’efficacité de l’administration.
Les Comores disposent désormais d’une stratégie nationale de gouvernance des données, validée à l’issue d’un atelier tenu les 24 et 25 août dernier à Moroni. La rencontre a été organisée par le ministère des Postes, des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Transparence, en partenariat avec l’Agence de développement de l’Union africaine (Auda-Nepad).
L’atelier a réuni des représentants de l’administration publique, des institutions nationales, du secteur privé, de la société civile et du monde académique, ainsi que des experts et partenaires techniques et financiers. L’objectif était de définir les bases d’une gestion plus cohérente, sécurisée et efficace des données produites et utilisées dans le pays.À l’ouverture des travaux, le ministre Oumouri Mmadi Hassani a salué la mobilisation des différents acteurs ayant participé à l’élaboration de cette stratégie. Il a également rappelé l’engagement du président Azali Assoumani en faveur de la transformation numérique des Comores.
Selon le ministre, cette nouvelle politique s’inscrit dans le prolongement de la Stratégie numérique Comores 2028, qui fait du numérique un levier du développement national.
L’Agence nationale de développement du numérique (Anaden) doit notamment contribuer à sa mise en œuvre dans les différents secteurs de l’économie. Pour Oumouri Mmadi Hassani, les Comores sont confrontées à un nouvel enjeu : celui d’une économie où la donnée est devenue une ressource stratégique.
Il estime qu’une administration moderne ne peut fonctionner efficacement avec des informations dispersées, difficilement accessibles ou produites selon des standards différents.
La stratégie entend donc organiser progressivement le passage vers un système dans lequel les données sont identifiées, gouvernées, valorisées, sécurisées et rendues interopérables. Il s’agit notamment de déterminer les données disponibles, leurs producteurs, les conditions d’accès et de partage, ainsi que les règles encadrant leur protection et leur utilisation.
La souveraineté des données constitue le premier axe de cette politique. Les informations produites par l’administration, les citoyens et l’économie nationale sont considérées comme un patrimoine stratégique. L’État entend ainsi mieux maîtriser leur production, leur stockage, leur circulation, leur utilisation et leur protection.
Dans cette perspective, l’ouverture récente du premier data center de l’administration publique représente, selon le ministre, une avancée importante. Toutefois, les infrastructures ne suffisent pas. La souveraineté numérique nécessite également des règles claires, des institutions adaptées, des compétences nationales et des standards communs.La protection des données personnelles constitue le deuxième axe. Le ministre rappelle que derrière chaque donnée peut se trouver une personne, avec son identité, sa situation familiale, son parcours professionnel ou ses informations économiques.
Leur collecte et leur utilisation doivent donc s’effectuer dans un cadre transparent et sécurisé. La troisième priorité consiste à faire de la donnée un outil de performance publique. Dans la santé, elle peut améliorer la planification des services. Dans l’éducation, elle peut permettre de mieux identifier les besoins des établissements et des apprenants. L’agriculture et la pêche pourraient également bénéficier d’une meilleure connaissance des ressources et des risques.
Dans les finances publiques, l’exploitation des données devrait favoriser davantage de transparence, de suivi et de performance.
L’interopérabilité des systèmes administratifs constitue également un objectif majeur. À terme, le citoyen ne devrait plus avoir à fournir plusieurs fois les mêmes informations aux différents services de l’État. Enfin, la gouvernance des données prend une importance particulière avec l’essor de l’intelligence artificielle. Pour le ministre, aucune IA performante ne peut être développée sans données fiables et de qualité. La nouvelle stratégie doit ainsi constituer l’un des fondements de la future politique nationale en matière d’intelligence artificielle.





