Les questions qui font l’objet de réponses directes du secrétaire général du gouvernement portent notamment sur les politiques publiques, les secteurs sociaux de base, les projets engagés et ceux en cours de réalisation avec l’ambition, selon son service de communication, de lutter contre la désinformation numérique et battre en brèche «des rumeurs alimentées sur la toile» sur de nombreuses actions engagées par l’Etat et des décisions prises par les autorités.

 

Le secrétaire général du gouvernement a lancé, via ses réseaux sociaux, un dispositif inédit de réponses à des commentaires ou questions posées par les internautes sur la gouvernance publique, les politiques de développement et la gestion de l’État en général. Ce système original, jamais expérimenté dans le pays par une autorité, permet à Nour El Fath Azali, selon ses services, de lutter contre les rumeurs colportées sur certains faits, actes et décisions émanant de l’appareil gouvernemental ou en lien avec la gestion quotidienne des services et entités publics. Mais surtout d’apporter un éclairage sur certaines actions engagées dans divers secteurs de la vie politique, économique et sociale avec un point d’orgue sur la gouvernance du pays et les politiques publiques.

Des échanges indirects avec les citoyens

Le dispositif inaugure une forme d’échanges indirects entre le secrétaire général du gouvernement et les citoyens sous le prisme d’une pédagogie institutionnelle visant à maintenir des liens entre l’Etat et ses administrés. Dans l’une de ces séquences des réponses, Nour El Fath Azali, avait à répondre aux questions sur l’emploi et les mesures de facilitation des investissements étrangers dans le pays. «Donnez-nous les chiffres : emplois créés, crédits accordés, projets suivis», avait demandé un internaute qui s’interrogeait sur la pertinence et les retombées du dernier salon de l’Emploi. Un autre internaute a demandé, pour sa part, «à quand un guichet unique pour permettre à tous les investisseurs étrangers et surtout de la diaspora qui souhaitent venir investir dans notre pays ?», entre autres questions.


S’agissant du nombre d’emplois, et en se fondant sur des données de la Maison de l’Emploi (Mde), des programmes et projets gouvernementaux en la matière mais aussi des initiatives d’accompagnement à l’insertion des jeunes, le secrétaire général du gouvernement souligne qu’entre 2020 et 2025, «6 671 emplois» ont été créés et que «16 268» autres l’ont été dans le secteur privé avec «172 emplois au niveau des coopératives». Nour El Fath Azali ajoutera «528 jeunes insérés dans le secteur privé par la Maison de l’Emploi, dont 154 femmes» avant de revenir sur les appuis à la création d’entreprises par l’Etat ou des partenaires. 


«85 entreprises créées et subventionnées à hauteur de 2 500 000 KMF chacune. 40 entreprises créées et subventionnées à hauteur de 1 000 000 KMF chacune. 20 entreprises préexistantes consolidées grâce à un appui de 500 000 KMF chacune. Ces 145 bénéficiaires gèrent aujourd’hui des entreprises pérennes et opérationnelles réparties sur l’ensemble des trois îles», a-t-il détaillé. Il reviendra sur l’impact du salon de l’Emploi, en annonçant «16 entreprises créées à l’issue de concours organisés lors des 6 éditions du Salon de l’Emploi» et la «promotion de plus de 53 entreprises, organisation d’un Job Dating ayant réuni plus de 120 demandeurs d’emploi et débouché sur 25 recrutements immédiats…».


Au sujet du guichet unique pour les investisseurs étrangers, le secrétaire général du gouvernement a rappelé l’existence de ce dispositif rendu fonctionnel et interactif grâce à un travail de coordination du «Commissariat chargé de la Diaspora en synergie avec l’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements (Anpi)» pour faciliter ceux qui souhaitent venir investir dans le pays.  «Ce guichet unique centralise et simplifie l’ensemble des formalités administratives, fiscales et juridiques. Il permet aux Comoriens de la diaspora d’accomplir leurs démarches de création d’entreprise à distance, de bénéficier d’un accompagnement personnalisé (incubation, recherche de financements, agréments) et de sécuriser leurs projets d’investissement au pays», a-t-il répondu.   

Le niveau d’engagement des autorités

Les agents du service de communication ont justifié cette initiative par le flot de commentaires qui accompagnent les publications et post publiés et largement commentés sur les pages officielles et privées du secrétaire général du gouvernement. Des réactions qui, selon ses services, sont souvent en décalage avec les ambitions réelles des autorités. «Il fallait agir, identifier des commentaires ou des questions des internautes, puis organiser des réponses pour mieux éclairer l’opinion sur certains sujets et lutter contre les fausses informations», a expliqué un agent du service de communication. «Nous avons donc pensé qu’il fallait saisir cette opportunité pour renforcer la transparence et la proximité avec nos abonnés et, plus largement, avec les Comoriens», a explique le chef de la communication au secrétariats général du gouvernement, Antoiss Ezzidine.

Le service de communication de Nour El Fath Azali a défendu «le caractère démocratique» de la démarche, précisant que les questions identifiées, sélectionnées et transmises à leur supérieur hiérarchique, sont celles considérées comme ayant «un grand intérêt public» et dont les réponses pourraient éclairer l’opinion publique sur le niveau d’engagement des autorités à apporter des réponses aux préoccupations des citoyens.

Un soif d’informations chez les internautes

Le secrétaire général du gouvernement, avec ses fiches de réponses, jouent souvent les modérateurs sur les questions, soit parce que celles-ci omettent des données qui pourraient les rendre pertinentes, soit elles alimentent des rumeurs sur certaines allégations factuellement non vérifiées. Le but étant, selon lui, non pas de recadrer la personne ayant posé la question mais de recentrer celle-ci pour la rendre beaucoup plus intelligible et proche des faits réels afin de pouvoir ensuite fournir une réponse juste et cohérente.


Cette approche lui permet de lutter contre certaines rumeurs alimentées sur certains dossiers et des décisions prises par des autorités. C’est le cas d’une information relayée par un internaute concernant un détenu «décédé en prison» à cause de la typhoïde qu’il aurait attrapé dans sa cellule. «Le détenu malheureusement décédé à l’hôpital souffrait d’unemaladie contractée avant son incarcération. C’est durant sa prise en charge médicale au sein de l’établissement hospitalier qu’il a succombé à sa maladie, et non des suites de la typhoïde ou d’un manque de soins non accordé lorsqu’il était en centre de détention», a ainsi recadré Nour El Fath Azali dans sa réponse avant d’appeler les internautes à vérifier les informations avant de formuler leurs questions ou commentaires sur certains sujets.


Le secrétaire général a mis sa réponse à profit pour expliquer le régime carcéral en cas de détresse sanitaire d’un détenu et les mesures prévues pour être en bon termes avec la loi. Il citera les procédures d’évacuation encadrées par un protocole prévu qui priorise d’abord la santé du détenu tombé maladie. Reconnaissant des «soucis sanitaires, principalement dus à des effectifs qui dépassent largement les capacités d’accueil prévues», Nour El Fath Azali fera savoir dans sa réponse que «des solutions structurelles ont été adoptées, notamment le projet de construction d’un nouveau centre pénitencier répondant aux normes modernes d’accueil et de détention». 


Si ce mécanisme de réponse mis en place révèle un soif d’informations chez les internautes sur les questions de gouvernance et de développement du pays, le dispositif illustre en lui-même la volonté chez le secrétaire général du gouvernement de nouer, selon son service de communication, «un dialogue avec le public» à travers cette forme de plateforme interactive pour prouver sa volonté d’être à l’écoute des interrogations des citoyens.