Durant trois jours se tient dans un hôtel de Moroni, un séminaire portant sur l’évaluation des cycles électoraux 2024-2025 «afin de préparer les échéances de 2029-2030, avec plus de sérénité, de rigueur et de transparence».
Les Comores devraient organiser, dans moins de trois ans, une double élection présidentielle et gubernatoriale. Un séminaire, ouvert hier jusqu’au jeudi 16 avril, porte ainsi sur l’évaluation des cycles électoraux 2024-2025. «Un exercice exigeant mais nécessaire», selon la formule du directeur des élections, Mbae Toimimou, pour «tirer ensemble les leçons des cycles électoraux 2023-2025 afin de préparer les scrutins majeurs de 2029 et 2030 avec plus de sérénité, de rigueur et de transparence».
A l’en croire, les initiateurs de cette grande messe viseraient 3 objectifs : «réaliser un diagnostic partagé et consensuel des forces et faiblesses des derniers cycles électoraux, formuler des recommandations opérationnelles et priorisées pour les prochains scrutins et initier une dynamique de renforcement des capacités de notre administration électorale permanentes». Il ne s’agit pas pour le directeur des élections de verser dans la «nostalgie ou le regret. C’est un exercice de projection». Et d’ajouter : «nous avons devant nous un horizon de deux à trois ans pour réformer, moderniser, former et outiller notre administration électorale».
Cette initiative qui entre dans le cadre du projet «gouvernance, paix et stabilité», financée par l’Agence française de développement et mise en œuvre par la commission de l’Océan indien a vu la présence de l’ambassadeur de France aux Comores, Étienne Chapon. «La France tient à souligner l’importance de la Coi en tant qu’acteur régional de proximité engagé en faveur de la gouvernance démocratique, de la paix et de la stabilité», a-t-il déclaré. «L’évaluation du cycle électoral que nous lançons aujourd’hui s’inscrit pleinement dans une logique d’amélioration continue et d’appropriation nationale. Il s’agit avant tout d’un exercice porté par les autorités compétentes, et en particulier par le ministère en charge des élections.
«Le socle de toute démocratie»
La Coi intervient ici comme partenaire technique et facilitateur, avec la neutralité et l’impartialité qui s’imposent, pour rassembler les évaluations existantes, identifier les forces et les faiblesses et proposer des recommandations opérationnelles», a-t-il ajouté. Enfin le ministre en charge des élections, Mohamed Ahamada Assoumani, s’est appesanti sur l’importance des élections. «Elles constituent le socle de toute démocratie. Elles sont l’expression de la souveraineté populaire, le moment privilégié où le citoyen exerce son droit fondamental de choisir librement ses représentants.
Pour cela, leur organisation ne saurait être approximative ni défaillante. Elle doit être rigoureuse, transparente, crédible et inclusive», a-t-il fait valoir.S’agissant des dernières échéances, «elles ont permis d’assoir des avancées notables mais elles ont également révélé un certain nombre de défis et d’insuffisances sur le plan juridique et organisationnel», a-t-il admis avant d’expliquer que : «c’est précisément dans cet esprit de lucidité et responsabilité que nous avons souhaité organiser ce séminaire sur instructions du président de la République, pour mieux cerner les acquis et examiner les difficultés rencontrées en vue de consolider davantage la paix et la stabilité à travers un système électoral fiable et durable».
Le ministre Mohamed Ahmed Assoumani a rappelé que «loin des manœuvres politiciennes et des considérations partisanes, cette démarche répond, uniquement à une exigence démocratique car toute démocratie vivante se nourrit de sa capacité à se remettre en question, à apprendre de ses expériences et à s’améliorer continuellement».


