Le lancement de la deuxième phase du projet d’exploration géothermique du Karthala ouvre la voie à la confirmation d’un potentiel estimé entre 45 et 60 mégawatts, avec les premiers forages d’exploration attendus prochainement.
Le ministère de l’Énergie, de l’Eau et des Hydrocarbures a officiellement lancé, jeudi 2 juillet dernier à l’hôtel Retaj, la deuxième phase du projet d’exploration géothermique du Karthala. Cette nouvelle étape, menée avec l’appui de plusieurs partenaires techniques et financiers, vise à préparer les premiers forages d’exploration afin de confirmer le potentiel géothermique du volcan. À terme, les autorités ambitionnent une capacité de production comprise entre 45 et 60 mégawatts, avec l’objectif de renforcer la sécurité énergétique du pays tout en réduisant sa dépendance aux hydrocarbures et aux énergies fossiles.
Le forage de trois puits d’exploration
Au cours de la cérémonie, les responsables du projet ont présenté les études déjà réalisées ainsi que les travaux qui seront engagés dans les prochaines semaines. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de transition énergétique, avec pour ambition de garantir une énergie plus fiable, durable, résiliente et souveraine.
Le ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Hydrocarbures, Aboubacar Said Anli, a ainsi souligné la portée historique de cette nouvelle phase : «C’est avec une profonde joie de se tenir ici car ce jour restera gravé dans la mémoire de notre nation, en ayant choisi de répondre aux exigences de ce projet depuis plusieurs mois. Alors que nous nous apprêtons à puiser au cœur de nos terres, nous avons conscience que le chemin sera long mais l’engagement et l’inclusion de tout un chacun permettront au pays d’accéder au développement des énergies renouvelables afin de diminuer l’impact de la dépendance aux énergies fossiles et de stimuler une croissance économique, le tout sans émissions polluantes.
Ce géant volcanique regorge d’une richesse énorme capable de faire valoir une vision de long terme sous l’égide d’un acte de souveraineté qui reste un défi majeur pour la croissance durable, la création d’emplois et l’amélioration des conditions de vie », a déclaré le ministre.Le coordinateur du projet, Omar Ali Saïd, est revenu sur les principales étapes franchies depuis le lancement de l’initiative.
«Depuis 2008, une étude géoscientifique de la société KenGen du Kenya a été effectuée, suivie de la mobilisation des financements. Entre 2014 et 2016, les études de surface et les plans d’affaires ont été réalisés. De 2016 à 2019, le projet est entré dans sa phase d’études d’impact environnemental et social. Entre 2021 et 2023, les études relatives aux infrastructures routières, à l’alimentation en eau ainsi qu’au cadre légal et réglementaire ont été menées. En 2026, les travaux d’infrastructures démarrent et, prochainement, débuteront les forages d’exploration géothermique», a-t-il expliqué.
Selon lui, cette nouvelle phase doit permettre le forage de trois puits d’exploration, la confirmation du potentiel géothermique du site, le renforcement des capacités nationales ainsi que la réalisation d’une étude de faisabilité destinée à attirer des investissements publics et privés pour la future centrale géothermique. Présent parmi les partenaires du projet, le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) a réaffirmé son engagement aux côtés de l’Union des Comores. Sa représentante résidente adjointe, Vera Hakim, a rappelé que la réussite du projet repose avant tout sur une mobilisation collective.
«Une telle promesse ne devient jamais une réalité par la seule force de la nature. Elle devient une réalité grâce à la volonté des femmes et des hommes qui choisissent d’y croire et d’agir ensemble. C’est précisément le sens de notre engagement collectif. Ceci n’est pas l’histoire d’une seule institution, ni d’un seul gouvernement, ni d’un seul bailleur, mais d’un partenariat où chacun apporte sa contribution. Le Pnud est fier d’avoir accompagné cette dynamique aux côtés de l’Union des Comores et de l’ensemble des partenaires, avec notamment 44 millions de dollars catalysés grâce à l’appui du Pnud et de la Banque africaine de développement dans le cadre d’une feuille de route d’exploration et d’une stratégie de mobilisation des ressources », a-t-elle rappelé.
Au-delà des aspects techniques, les autorités considèrent ce projet comme « un levier majeur de développement économique et de souveraineté énergétique ». Si les forages confirment le potentiel attendu du Karthala, les Comores pourraient disposer, dans les années à venir, d’une source d’énergie renouvelable capable de couvrir une part importante des besoins nationaux en électricité, tout en réduisant significativement la facture liée aux importations de carburants.




