La cérémonie de remise des distinctions du hackathon des Jeunes reporters de cette année s’est tenue avant-hier mercredi en fin de journée à l’hôtel Retaj, à Moroni, en présence de la ministre de l’Information, Fatima Ahamada, du représentant de l’Unicef aux Comores, Moustapha Ben Messaoud, de l’ambassadeur de France, Etienne Chapon, ainsi que des lauréats et partenaires du programme. Khadel Abdoulfahar a remporté le premier prix du concours du Meilleur Jeune reporter des Comores 2026. Samila Ansoya Attoumane s’est vu décerner le deuxième prix « Talent espoir », tandis qu’Awad Ahamadi a décroché la troisième place. 


À cette occasion, la ministre de l’Information a salué l’engagement de l’Unicef, de l’ambassade de France, des organisateurs, des formateurs et des membres du jury qui ont accompagné les jeunes participants tout au long du programme. Elle a souligné la pertinence de cette initiative dans un contexte marqué par les défis de la révolution numérique, notamment la propagation des fausses informations, les discours de haine, la désinformation, la manipulation des opinions et les atteintes à la vie privée. « Face à tout cela, notre pays a besoin d’une nouvelle génération de communicants, de journalistes et de créateurs de contenus responsables, capables de produire une information crédible, vérifiée, équilibrée et respectueuse des valeurs démocratiques et humaines», a déclaré Fatima Ahamada.

La lutte contre la désinformation

Selon la ministre, le programme des Jeunes reporters des Comores va bien au-delà de l’apprentissage des techniques journalistiques. «Ce programme ne se limite pas à former des jeunes aux techniques journalistiques. Il ambitionne de faire émerger des citoyens engagés, conscients de leur responsabilité dans la construction d’un espace médiatique sain, inclusif et professionnel. Ainsi, à travers ce programme, c’est dans le capital humain, dans l’innovation et l’avenir du pays que nous investissons », a-t-elle soutenu. La ministre a toutefois insisté sur les opportunités qu’offre le numérique lorsqu’il est utilisé de manière responsable. « Elle offre des opportunités extraordinaires.

Elle permet à chacun de devenir créateur de contenu, de valoriser notre patrimoine culturel, de promouvoir le développement local et de renforcer le dialogue entre les citoyens », a-t-elle indiqué. De son côté, le représentant de l’Unicef, Moustapha Ben Messaoud, a estimé que l’initiative constitue une démonstration du potentiel de la jeunesse comorienne. Il a félicité les participants pour la qualité de leurs productions. « Vous avez produit des reportages pertinents. Vous avez créé des podcasts qui posent les bonnes questions. Vous avez documenté des histoires qui méritent d’être connues. Vous avez utilisé les outils numériques non pour distraction, mais pour éclairer et transformer», a-t-il souligné.


Moustapha Ben Messaoud a par ailleurs plaidé pour le renforcement du partenariat autour de trois priorités : poursuivre l’accompagnement des jeunes reporters, élargir l’accès au programme à davantage de jeunes sur les trois îles indépendantes de l’archipel et faire de l’éducation aux médias une compétence reconnue à l’échelle nationale. L’ambassadeur de France aux Comores, Etienne Chapon, a également salué le travail accompli par les participants. Il a appelé à une mobilisation de l’ensemble des acteurs de la société pour faire face aux défis du numérique, en particulier la lutte contre la désinformation.