Interceptés à Hamavuna après une traversée éprouvante, 45 migrants d’Afrique de l’Est ont été secourus dans des conditions précaires. L’un d’eux est décédé.


Dimanche 19 avril, à Hamavuna, localité de la région de Djando située à l’est de Mwali, 45 migrants, qui seraient de nationalités tanzanienne, kenyane et burundaise, ont été interceptés par des villageois à proximité de la plage. Parmi eux figuraient deux enfants de moins de trois ans ainsi qu’une femme enceinte.

Une situation critique

Selon des témoignages recueillis sur place, ces migrants auraient été déposés la veille, samedi 18 avril, sur la plage de Daani, une petite crique sablonneuse située à quelques mètres de Hamavuna. Après plus de trois jours passés en mer à bord d’une embarcation de fortune, ils auraient quitté leur point de débarquement, poussés par la faim et l’épuisement, dans l’espoir de trouver de l’aide. «Ils ont longé la côte jusqu’à Hamavuna, où ils ont été repérés avant que les autorités locales ne soient alertées», a confié un habitant ayant assisté à la scène.


La situation a cependant viré au drame. Un homme a perdu la vie dans des circonstances tragiques. D’après Nabouhane Madi, président de l’association Ulanga, engagée dans la protection de l’environnement, la victime aurait fait une chute mortelle. «Coincés entre la marée haute et une falaise rocheuse, ils ont tenté de traverser une zone dangereuse. L’homme aurait glissé et chuté dans la mer. Il ne savait pas nager», a-t-il expliqué. La dépouille a été inhumée le soir même dans le village, «sur instruction des autorités judiciaires».

 Par ailleurs, une femme enceinte, accompagnée de son mari et de son enfant, était restée en arrière à Daani, incapable de poursuivre la marche en raison de son état de fatigue. Informés, les habitants ont rapidement mobilisé une vedette pour aller les récupérer. Sur le plan humanitaire, la situation reste critique. Face à l’urgence, l’association Ulanga a tenté d’apporter une aide avec les moyens disponibles, en distribuant notamment de la bouillie.

«Nous avons mobilisé les femmes du village pour qu’elles partagent ce qu’elles avaient », a indiqué Nabouhane Madi. En attendant une prise en charge par les autorités, les migrants ont passé leur première nuit dans une salle de classe attenante à l’école primaire publique de Hamavuna, dans des conditions jugées précaires. Ce n’est que le lendemain que la police nationale s’est rendue sur place pour apporter son assistance. Pour l’heure, aucune autorité ne s’est’exprimée officiellement sur ce sujet.