Face à la hausse des prix des carburants, le parti Swauti exprime sa vive inquiétude et déplore «le manque» supposé d’informations sur les coûts réels des approvisionnements des produits pétroliers. Et appelle au dialogue pour éviter une aggravation de la crise sociale.
Le parti Swauti a tenu, hier jeudi 14 mai, une conférence de presse à son quartier général de Moroni Ambassadeur. Son président, Housni Mohamed Abdou, y a exprimé sa «profonde préoccupation» face à la hausse des prix des carburants et à ses répercussions sur les ménages, les transporteurs, les commerçants et l’ensemble des acteurs économiques.
Revenant sur la conférence de presse gouvernementale de la veille, mercredi 13 mai, il a estimé qu’elle n’a pas apporté l’éclairage souhaité sur les coûts des produits pétroliers importés par le pays. Le leader du parti a expliqué que Swauti avait volontairement attendu avant de réagir, le temps de recueillir des informations auprès de la Société comorienne des hydrocarbures. Mais les explications obtenues ne lui permettent pas de se faire une idée claire de la situation relative aux importations des produits pétroliers. Le parti a dénoncé également « l’absence de données précises sur les lieux d’approvisionnement, les coûts d’achat ainsi que les frais de transport des produits pétroliers ».
Selon Housni Mohamed Abdou, les mesures annoncées par les autorités ne permettront pas de contenir l’impact sur le coût de la vie. Il avertit : «Les prix des produits de première nécessité vont de toute façon augmenter de manière exponentielle». Sur le plan social, il considère que la situation dépasse le cadre syndical pour toucher l’ensemble de la société. «Ce n’est pas une question de grévistes ou de syndicats, c’est une question sociale où tout le monde est impacté », a-t-il souligné.
Le président de Swauti a appelé donc le gouvernement à «prendre pleinement ses responsabilités et à poursuivre les discussions avec les organisations syndicales». Il a aussi mis en garde contre une possible escalade sociale. «Si les leaders syndicaux ne sont plus audibles ou ne sont plus capables de ramener des solutions, c’est la rue qui va s’exprimer», a-t-il averti. Et d’ajouter : «Personne n’est capable de payer 5 litres [d’essence] à 5000 francs».
Transparence et négociations
Le parti Swauti affirme avoir sollicité la Société comorienne des hydrocarbures pour obtenir des données détaillées sur les coûts d’approvisionnement, mais il «regrette que la société publique n’ait pas été autorisée à les communiquer sans l’aval du gouvernement». Il déplore aussi «le silence du ministère de l’Énergie sur les conditions d’achat et de transport». Swauti se dit solidaire des organisations syndicales impliquées dans les négociations, et affirme qu’il porterait «les mêmes recommandations et propositions» s’il y participait directement.
Tout en appelant au calme, le parti «condamne les débordements enregistrés lors des manifestations». Housni Mohamed Abdou a insisté : «On n’a pas besoin de détruire les routes ou de brûler des voitures», tout en ajoutant : «Mais on ne peut pas accepter que des manifestants soient agressés ou frappés». Il a réagi également aux vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrant des interventions des forces de l’ordre contre des manifestants.
Pour Swauti, la sortie de crise passe par un cadre de discussion inclusif. « Nous ne pouvons pas résoudre cette situation sans dialogue», a affirmé son président, qui plaide pour «la communication de données chiffrées afin de permettre un débat transparent». Il estime par ailleurs que «le ministère des Finances et de l’Économie devrait être davantage associés aux discussions en cours». S’il salue certaines mesures gouvernementales, notamment sur le prix du pain, le parti juge leur portée limitée. «Le pain ne se consomme pas seul. Il y a aussi le sucre, le lait et d’autres produits essentiels», a conclu Housni Mohamed Abdou, qui a appelé à des décisions plus «réalistes » pour répondre à la vie chère.



