Les premières mesures sont d’ordre socio-économique et visent à subventionner certains secteurs stratégiques alors que les secondes ciblent une réduction du train de vie de la haute superstructure par un gel des dépenses courantes dont la dotation du carburant et la limitation des voyages à l’étranger. Les autorités considèrent «une hausse inévitable» des prix des produits pétroliers et disent avoir activé les leviers à leur disposition pour sauver la fragile économie et limiter les effets du choc.
Le gouvernement a annoncé, en tout, un paquet de «huit mesures» d’accompagnement après sa décision de procéder à la hausse les prix des produits pétroliers. (Lire en haut). Le chef de l’Etat, Azali, dans son adresse à la Nation, le 5 mai, avait promis une série de mesures pour accompagner la population. On distingue en effet ces mesures par leur nature et leur ciblage. Un premier paquet de quatre mesures visent à offrir une bouffée d’oxygène aux commerçants importateurs de produits alimentaires, à subventionner le riz ordinaire et le pain et à augmenter le portefeuille dédié au programme de filets sociaux de sécurité.
Les autorités dévoilent, dans un arrêté en date du 5 mai, la première mesure relative à «un abattement de 40% sur le montant total des droits et taxes exigibles à l’importation au cordon douanier», d’après un arrêté signé par les ministres des Finances et de l’Economie qui précisent que l’abattement s’applique sur les produits de première nécessité «pour une durée de trois mois». Une mesure prise, selon le ministre Moussa Abderemane pour atténuer «le choc que pourrait représenter cette mesure de révision des produits pétroliers», selon ses propos tenus à l’Ortc, samedi 9 mai dans la soirée. «La réduction de 40% des droits de douane sur les Produits de Première Nécessité (PPN) tels que le riz ordinaire, la farine, le sucre, les huiles alimentaires, les volailles, les produits carnés et les médicaments représentant un coût d’environ 0,7 milliards de nos francs», souligné le secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali dans une longue tribune.
Réduire le train de vie de la haute administration
Dans une tribune parvenue samedi 9 mai à Al-watwan, intitulée «Crise au Moyen Orient : la population au cœur des préoccupations du Gouvernement», Nour El Fath Azali revient sur le contexte international qui pousse les pays à anticiper les mesures qui s’imposent pour, d’une part, protéger les économies des Etats et, d’autre part, limiter les effets internes des fluctuations des prix des produits pétroliers à l’international.
Les trois autres mesures de premier paquet sont « la subvention aux dépenses d’achat du carburant de la Sonelec pour maintenir la stabilité du prix du Kilowattheure (Kwh)», mais aussi «l’accompagnement des boulangers à amortir les charges de production du pain afin d’éviter une augmentation du prix de la baguette» et «l’élargissement de l’aide sociale aux ménages vulnérables (le projet Filets sociaux) passant de 40.000 à 60.000 ménages avec un montant total compris entre 3 et 3,2 milliards de francs comoriens».
Le deuxième paquet de mesures consiste à réduire le train de vie de la haute administration et à geler certaines dépenses courantes, entre autres, pendant une période de trois mois. Nour El Fath Azali a dévoilé ses quatre autres mesures visant à réduire le train de vie de l’Etat. Il citera «une ponction de 50% sur les indemnités perçus par les hauts responsables d’Etat et la classe dirigeante des sociétés d’état (une loi ou un décret en précisera les modalités)» mais aussi «une réduction de la dotation du carburant des Ministres et autres cadres de l’administration publique et des sociétés d’Etat» et «la stricte limitation des voyages à l’étranger» des autorités ainsi que «la limitation des cérémonies et événements gouvernementaux dans un environnement restreint au sein des ministères ».





