Face à l’augmentation des prix des billets, les clients de la compagnie Sgtm ont exprimé, dimanche lors d’un rassemblement, leur inquiétude, tandis que la compagnie invoque, dans un communiqué, la hausse des coûts d’exploitation.
La hausse récente des tarifs du voyage entre Ndzuani et Maore à bord des bateaux de la compagnie Sgtm (Société de gestion et de transport maritime) a provoqué la colère des usagers. Le dimanche 26 avril, plusieurs d’entre eux se sont réunis à Hamaha, à Mamudzu, pour dénoncer «une augmentation jugée importante du coût du billet». En effet, à l’approche des vacances, les clients de la Sgtm pointent cette augmentation, passée de 365 à 475 euros. «Nous nous somme réunies ici aujourd’hui afin d’annoncer, regrettablement, la hausse des prix des billets du Maria Galanta», a témoigné un jeune originaire de Mwali. Tout en précisant qu’il ne s’agit pas d’une manifestation hostile, ce dernier a évoqué une démarche de réclamation.
«Dans le cas contraire, d’ici les vacances, nous avons pris la décision de ne pas acheter des billets afin d’éviter les problèmes avec la société», a-t-il ajouté. Une suspension des achats de billets jusqu’au mois d’août est ainsi envisagée.
En parallèle, des discussions auraient été engagées avec la compagnie aérienne Ewa Air pour explorer des alternatives, tandis que «d’autres options sont étudiées pour le transport de colis». Car chez Sgmt, le fret aussi est cher, jusqu’à 6 euros, selon ses usagers, le kilo en trop.Face à ces réactions, la compagnie a publié un communiqué dans lequel elle affirme avoir «pris connaissance des réactions et des interrogations exprimées par ses clients à la suite de l’évolution récente de ses tarifs».
«Un esprit de responsabilité, de transparence et de dialogue»
La compagnie se dit «pleinement consciente des préoccupations que ces ajustements peuvent susciter» et assure vouloir apporter «des éléments de compréhension» dans «un esprit de responsabilité, de transparence et de dialogue». Elle explique aussi que «cette évolution intervient dans un contexte de hausse significative et continue des coûts d’exploitation» et qu’elle a été contrainte «d’adapter sa structure tarifaire». Parmi les raisons avancées figure «une surcharge carburant», liée au fait que «le carburant représente une part majeure des coûts d’exploitation d’un navire» et que son prix «échappe totalement à notre maîtrise».
La Sgtm mentionne également «des taxes passagers», précisant qu’il s’agit de frais «fixés par les autorités compétentes» et «répercutés à l’identique sur le prix du billet». À cela s’ajoutent «des frais de service» destinés à couvrir
«une partie des surcoûts liés à l’exploitation et à la maintenance des navires dans un contexte international fortement perturbé». La compagnie souligne que ces frais «ont un caractère temporaire» et «ont vocation à être réajustés à la baisse, voire supprimés, dès que les conditions d’approvisionnement permettront un retour à la normale».
Évoquant sa position sur le marché, la compagnie reconnaît qu’« il est parfois évoqué que la Sgtm se trouve en situation de monopole dans le transport maritime international dans la zone », tout en précisant qu’«il s’agit en réalité d’un monopole de fait». Il faut noter que ce qui interroge surtout les clients de la Sgtm, c’est le fait que le trajet Ndzuani-Maore, moins longue que celui qui relie Ndzuani à Ngazidja, coûte cependant dix fois plus cher.


