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Homicide de Hassani Ouleidi I La décision du tribunal attendue lundi prochain

Homicide de Hassani Ouleidi I La décision du tribunal attendue lundi prochain

Société | -   Mariata Moussa

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En insistant sur le côté atroce de ce meurtre, les avocats de la partie civile ont fait venir à la barre, la famille proche de Hassani Ouleidi afin de permettre au tribunal de toucher du doigt le drame qui sévit au sein de cette famille depuis la disparition de leur proche, époux, frère et père

 

Le sort de Philippe Hervé et Soibahou Mdjassiri, poursuivis respectivement pour homicide et recel de malfaiteur devrait etre connu le lundi 13 février prochain. Ce renvoi pour délibéré a été décidé à l’issue d’une audience tenue, hier mardi 7 février, devant le tribunal de Moroni. Poursuivis et placés en détention provisoire depuis le 13 novembre 2021 suite à l’homicide perpétré sur Hassani Ouleidi, frère de la mère adoptive du principal accusé dans cette affaire, Philippe Hervé a, dès l’enquête préliminaire, reconnu les faits qui lui sont reprochés. De son côté, le coaccusé, Soibahou Mdjassiri rejette l’accusation de recel porté sur lui.


Or lors du déferment au parquet, Soibahou Mdjassiri a été mis en cause, car il était soupçonné d’avoir offert une cachette à l’inculpé au lieu de le livrer aux autorités, la police ou la gendarmerie. Pour défendre sa cause, le co-accusé a expliqué au tribunal ne pas être un proche ami de l’accusé, mais l’a connu à travers sa mère adoptive. «Il venait me voir lorsque sa mère le commissionnait». De son côté, pour expliquer les circonstances qui lui ont amené à commettre ce forfait, l’accusé principal a, lors de cette grande instruction, soutenu la même version. Celle recueillie lors de sa déposition devant le juge d’instruction et consignée dans l’arrêt de mise en accusation en passant par l’enquête préliminaire.

Une enfant «victime» de la société

Au cours des débats qui ont duré jusqu’au début de l’après-midi d’hier, la partie civile n’a pas réussi à obtenir une autre version du mobile qui a conduit l’accusé, mineur de 17 ans au moment de la commission des faits, à donner un coup de couteau au niveau de la gorge côté gauche de la victime, son oncle adoptif. Suite à cet acte, Hassani Ouleidi a succombé à cette unique blessure. En insistant sur le côté atroce de ce meurtre, les avocats de la partie civile ont fait venir à la barre, la famille proche de Hassani Ouleidi afin de permettre au tribunal de toucher du doigt le drame qui sévit au sein de cette famille depuis la disparition de leur proche, époux, frère et père.
Cet aspect émouvant de cette affaire a conduit les avocats de la défense à mettre en évidence le côté complexe de cette histoire. Lors des plaidoiries, Me Ali Ibrahim Mzimba a axé son intervention sur la personnalité de l’accusé. Un enfant victime de la société, rejeté par ses parents biologiques, élevé par une mère adoptive qui l’ a beaucoup aimé, mais partie trop tôt. «La disparition de sa mère adoptive l’a désorienté et Philippe est devenu une victime des rapaces».


Pour Me Ali Ibrahim Mzimba, cette affaire interpelle sur plusieurs points dont les réponses à apporter afin de limiter la délinquance, en particulier juvénile. En plaidant les articles 25 et 26 du nouveau code pénal, l’avocat a demandé au tribunal de ne pas commettre une autre injustice.De son coté, Me Mzé Soilihi Kaambi, avocat de la partie civile, a peint un tableau noir sur la personnalité de l’accusé en le présentant comme un délinquant notoire, «un consommateur de cannabis, un voleur…. Il a reconnu avoir donné un coup de couteau à sa victime, nous demandons la peine maximale». Sans le vouloir, ce tableau dressé par l’avocat de la partie civile converge avec l’avis de Me Mzimba, un enfant victime de la société exposé aux prédateurs et rapaces. Quant au ministère public, le substitut du procureur de la République, présent à l’audience a demandé l’application de la loi pour les deux accusés.

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