Réunis depuis ce lundi à l’École de santé, des techniciens et cadres des institutions nationales participent à une formation de cinq jours sur les techniques d’hydrologie isotopique. Co-organisée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea) et l’Université des Comores, cette session vise à renforcer les capacités nationales pour une meilleure gestion des ressources en eau.

 

Une formation nationale sur les techniques d’hydrologie isotopique, co organisée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea) et l’Université des Comores, a été officiellement lancée ce lundi 22 juin à l’École de santé. Prévue sur cinq jours, cette session réunit des techniciens et cadres issus des principales institutions impliquées dans la gestion de l’eau et des ressources du sous-sol. Les participants proviennent notamment de l’Université des Comores, du Bureau géologique des Comores, du ministère de l’Énergie, de l’Eau et des Hydrocarbures ainsi que de la Société nationale d’exploitation et de distribution de l’eau (Sonede). 


L’objectif est de renforcer les compétences nationales dans l’utilisation des techniques isotopiques appliquées à l’étude des ressources hydriques. Les techniques d’hydrologie isotopique constituent des outils scientifiques permettant de retracer l’origine des eaux, d’évaluer leur renouvellement, d’identifier les sources de pollution et d’optimiser leur exploitation. Elles offrent ainsi des éléments essentiels pour une gestion durable des ressources en eau et le renforcement de la sécurité hydrique des îles.


Dans son d’ouverture, le directeur de l’Enseignement supérieur et de la recherche, Ali Mohamed Ali, a rappelé que «dans un pays insulaire comme les Comores, l’eau est une ressource aussi précieuse que vulnérable». Selon lui, les changements climatiques, la pression démographique et l’intrusion saline menacent quotidiennement la quantité et la qualité des eaux souterraines. «Comprendre, protéger et gérer durablement cette ressource est donc un impératif national», a-t-il déclaré. Il a indiqué que cette formation s’inscrit dans le prolongement des recommandations du Conseil des ministres du 29 avril 2026, qui a réaffirmé la nécessité de promouvoir les applications pacifiques des sciences et technologies nucléaires au service du développement. 


À l’issue des travaux théoriques et pratiques, les participants sont appelés à devenir des points focaux capables de déployer ces techniques sur le terrain et de transmettre leur savoir à d’autres. «L’objectif est clair : doter les Comores d’une expertise nationale durable en hydrologie isotopique », a-t-il souligné.
Représentant le ministère de l’Énergie, de l’Eau et des Hydrocarbures, le secrétaire général chargé de l’Énergie, Housseine Abdoulafatah, a indiqué que cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision du Plan Comores Émergent (Pce) à l’horizon 2030. Il a rappelé que ce programme place l’eau parmi les secteurs stratégiques indispensables à la transformation économique et sociale du pays, en mettant l’accent sur «la sécurisation de l’approvisionnement en eau potable, la gestion durable des ressources hydriques et l’adaptation aux effets du changement climatique». «En permettant une meilleure connaissance des ressources en eaux souterraines grâce aux techniques isotopiques, cet atelier contribuera directement à l’atteinte des objectifs nationaux et au renforcement de la sécurité hydrique au bénéfice de l’ensemble de la population comorienne », a-t-il affirmé. Il a rappelé que depuis son adhésion à l’Aiea en 2020, l’Union des Comores bénéficie d’une coopération technique dans plusieurs secteurs stratégiques. Aujourd’hui, cette collaboration s’étend à l’hydrologie isotopique à travers le projet CO17001, consacré à la mise en place des capacités nationales dans ce domaine.


La coordinatrice du projet CO17001, Rim Trabelsi, a rappelé que l’une des missions de l’Aiea consiste à accompagner les États membres dans l’atteinte des Objectifs de développement durable, notamment l’Objectif 6 relatif à l’accès à une eau propre et à l’assainissement. Elle a annoncé l’acquisition prochaine d’équipements de terrain destinés au prélèvement des échantillons ainsi que du matériel de laboratoire pour l’analyse de la qualité et des isotopes de l’eau. «Cette formation vise à montrer comment utiliser ces outils pour étudier la qualité des ressources, déterminer le temps de renouvellement des nappes et identifier les sources de contamination», a-t-elle expliqué. Selon lui, au terme de cette formation, les participants seront en mesure de réaliser correctement les prélèvements d’eaux de pluie, de surface et souterraines, mais également d’interpréter les données recueillies. Rim Trabelsi a également assuré que l’accompagnement de l’Aiea se poursuivra à travers d’autres formations et des stages à l’étranger destinés à renforcer davantage les capacités nationales.