Les travaux de réhabilitation, réalisés par la société Eiffage, ont été financés par la Banque africaine de développement (Bad) à hauteur d’un peu plus de six milliards de francs comoriens. Il aura fallu un peu moins de trois ans, du 3 novembre 2018 au 7 octobre 2021, pour que le chantier de cette route enrobée prenne fin.
Sima, Marahare, Vasi, Vuani, Darsalama, Pomoni et Moya, soit trois communes, sont les principales localités bénéficiaires de cette route, longue de 27 kilomètres. Avec cette route, «c’est le développement de la mobilité des biens et des personnes, la facilitation des échanges commerciaux, le soutien des initiatives entrepreneuriales» ont affirmé les différents intervenants lors de cette cérémonie.
Pour le ministre de l’Aménagement du territoire, Afretane Yssouf cette route va redonner «à toute cette région son rôle traditionnel de carrefour commercial et économique». Une affirmation que le maire de Moya, Mohamed Nassim, ne contredira pas, lui qui n’a pas manqué de rappeler que la zone a déjà des centrales énergétiques, une hydraulique à Lingoni et une autre photovoltaïque à Pomoni, ce qui, avec cette réhabilitation routière «nous permet d’entrevoir l’avenir avec beaucoup d’espoir».
Le gouverneur de l’île, Anissi Chamsiddine, abondera également dans le même sens et évoquera les avantages liés à cette route comme le désengorgement de la région, les diverses opportunités et la lutte contre le chômage.
Il mettra d’ailleurs un point d’orgue sur ce dernier sujet invitant les autorités nationales à faciliter davantage la création des emplois et le recrutement des jeunes. Revenant sur le chantier inauguré hier, il a remercié l’ensemble des acteurs concernés par ce tronçon en insistant sur les dangers liés à la circulation et la nécessité de respecter le code de la route. Le locataire de Dar Nadjah parlera également de l’importance d’étendre ces chantiers dans d’autres zones en citant en exemple Bandrani ya Vuani et Salamani.
«Sauvegarder nos valeurs, la paix et notre unité est nécessaire» dira, sur un autre volet, le conseiller du Grand mufti de la République, Ali Ahamada (fundi Ali Hadji). Ce dernier a en effet misé son intervention sur la nécessité du vivre-ensemble pour le développement du pays dans la paix et la stabilité. Un discours qui tient à cœur le président de la République, Azali Assoumani puisque à son tour et comme dans chacune de ses interventions, il rappellera sa volonté d’inviter l’opposition et l’ensemble des Comoriens au dialogue national. Il rappellera qu’il a «œuvré pour la mise en place d’institutions consensuelles» et avoir agi «pour l’alternance pacifique du pouvoir».
Pour ce qui est de la route, le chef de l’Etat, précisant que «les chantiers routiers vont se poursuivre» estime que «disposer d’infrastructures de base, viables, fonctionnelles et modernisées est une condition essentielle au développement socio-économique de l’émergence de notre cher pays».
C’est «pourquoi nous avons lancé un vaste chantier de construction et de réhabilitation des infrastructures routières et aéroportuaires en vue de favoriser une meilleure fluidité de la circulation des biens et des personnes, un gain de temps de trajet, un renforcement de l’accessibilité de nos régions, de nos villes et de nos villages».
La route Sima-Moya s’inscrit donc, selon Azali Assoumani, dans cette logique et vient «s’ajouter à la longue liste des chantiers en cours ou réalisés sur toutes les îles avec en ligne de mire une meilleure amélioration des conditions de vie». On apprendra lors de son intervention que les travaux de la route Sima-Mutsamudu débuteront prochainement. Le tronçon mesure 28 kilomètres.