Le comité de notables a déploré l’attitude des fauteurs des troubles avant de prendre des mesures de bannissement contre les pères et les oncles des «4 jeunes» à l’origine de l’incident, promettant d’agir encore fortement, à l’avenir, contre «tous ceux qui porteront atteinte à l’image de la ville de Singani».
Des notables de Singani, dans la région de Hambu, ont dénoncé, dimanche 22 mars, l’incident survenu, deux jours plutôt, à la mosquée de vendredi de la ville. Un groupe de jeunes avait semé des troubles à l’intérieur même de la maison de Dieu alors que le secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali, s’apprêtait à accomplir la grande prière hebdomadaire avec des élus de la région et des responsables de son parti politique.
«Nous dénonçons ce qui s’est passé le vendredi 20 mars à la mosquée. C’est un acte inacceptable.
Nous ne pouvons pas rester indifférents face à de tels incidents», a réagi l’ancien délégué à la Défense, Ali Abdallah dans une vidéo, relayée sur les réseaux sociaux. «Les notables, les femmes, les jeunes, les cadres et toute la communauté de Singani sans exception s’élèvent tous contre ce qui s’est passé et dénoncent l’attitude de tous ceux qui étaient derrière cet acte répréhensible», a ajouté le porte-parole. Ali Abdallah annonce que les pères et les oncles des «4 jeunes » à l’origine de l’incident ont été bannis par la communauté. «Nous avons pris ces mesures pour exprimer notre dégoût et nous désolidariser contre les auteurs de cet incident malheureux», a-t-il indiqué.
La ville de Singani a, par ailleurs, annoncé une décision classique prise en pareille circonstance : l’auto-bannissement provisoire. Il s’agit d’une auto-sanction prise par une localité pour solliciter le pardon auprès des dignitaires de la région en cas de forfaiture ou d’actes qui violent les règles d’hospitalité et de bienséance commis dans une localité. La région de Hambu, en vertu de son pouvoir traditionnel, pourrait activer des mesures de bannissement contre la localité de Singani après cet incident survenu dans un lieu sacré et dirigé contre une autorité publique.
«Nous avons décidé de nous auto-bannir en attendant la décision des notables de la région de Hambu», a encore enchaîné l’ancien délégué à la Défense qui ajoute que la ville de Singani s’acquittera du présent d’excuses (Mawu), exigé, dans la hiérarchie des sanctions traditionnelles, pour réparer un tort, s’excuser de propos ou se laver d’une faute ayant porté atteinte aux us et coutumes.
L’incident a été largement condamné par de nombreuses voix ayant estimé que «l’acte avait porté un coup aux valeurs intrinsèques de la religion et de la tradition comorienne». Pour conclure, Ali Abdallah défend les particularités de Singani, «une ville réputée pour son attachement à la défense des traditions et de la religion musulmane», promettant que la communauté agira encore fortement, à l’avenir, contre «tous ceux qui porteront atteinte à l’image de la ville de Singani».





