Dans son intervention prononcée à l’occasion de la cérémonie célébrant l’inscription des médinas des Comores au patrimoine mondial de l’Unesco, Louise Anne Haxthausen, directrice du bureau régional de l’organisation, a salué une victoire de la solidarité internationale, tout en appelant à une nouvelle responsabilité collective pour préserver ce patrimoine exceptionnel.
Au cours de son séjour aux Comores, la directrice du bureau régional de l’Unesco, Louise Anne Haxthausen, a dit avoir constaté «la mobilisation et l’engagement des autorités et du peuple comorien ainsi que de leurs partenaires au développement». Elle a également relevé une prise de conscience accrue des responsabilités liées à ce nouveau statut et des perspectives qu’il peut offrir au pays. «Il y a une forte prise de conscience des responsabilités ainsi que des nouvelles perspectives qu’offre le statut de patrimoine mondial», a-t-elle fait savoir, soulignant la volonté politique de faire de la protection du patrimoine culturel des six médinas un levier de développement intégré.
La directrice régionale de l’Unesco a présenté quatre priorités, dont elle assure avoir discuté avec les autorités au cours de son séjour à Moroni. La première concerne la formation et l’emploi des jeunes Comoriens dans les métiers liés au patrimoine matériel et immatériel ainsi qu’au tourisme culturel. La deuxième porte sur la restauration du patrimoine bâti, mais aussi sur la réhabilitation des infrastructures et des services au sein des médinas. Ces interventions devront, selon elle, être axées sur l’amélioration de la qualité de vie des habitants, tout en répondant aux besoins actuels et aux enjeux liés à la résilience climatique.
Mwali, une réserve de biosphère
La troisième priorité est celle de la promotion d’un tourisme culturel responsable et durable, capable, selon elle, de mettre en valeur le caractère unique des médinas, leur histoire et leurs traditions vivantes, sans compromettre leur préservation. Enfin, la quatrième priorité concerne l’ouverture d’une nouvelle perspective pour la reconnaissance de l’ensemble de la richesse culturelle et naturelle de l’archipel.«Que cette première inscription au patrimoine mondial ouvre la voie à une appréciation plus générale de la diversité et de la richesse de l’ensemble du patrimoine culturel et naturel des Comores», a-t-elle souhaité.
D’après la responsable de l’Unesco, les Comores disposent en effet de nombreux sites naturels terrestres et marins remarquables. Elle a notamment cité la réserve de biosphère de l’Unesco sur l’île de Mwali, rappelant l’importance de poursuivre les efforts de protection, de transmission et de valorisation de ces richesses. Louise Anne Haxthausen a enfin réaffirmé l’engagement de l’Unesco à accompagner les Comores dans cette nouvelle étape. L’organisation entend poursuivre sa coopération avec les autorités comoriennes pour la protection et la conservation du site inscrit au patrimoine mondial.
Elle a également annoncé la volonté de l’Unesco de travailler avec le représentant résident, le coordinateur et l’équipe pays des Nations unies aux Comores autour de l’initiative consacrée au développement du secteur touristique, développée à la demande du président de la République.
Pour l’Unesco, l’enjeu est désormais de transformer la reconnaissance internationale des médinas en un projet durable au service du patrimoine, de la jeunesse, des communautés locales et du développement des Comores.



