L’Observatoire du Karthala (Ovk) consolide son dispositif qui doit lui permettre d’améliorer la compréhension et l’anticipation de l’activité volcanique

 

L’Observatoire volcanologique du Karthala, l’Ovk a franchi une nouvelle étape dans le renforcement du dispositif de surveillance volcanologique. Le samedi 25 avril dernier, une importante mission scientifique a permis l’installation de deux nouvelles stations sismologiques au sommet du Karthala. Cela devrait consolider le réseau d’observation destiné à mieux comprendre et anticiper l’activité de ce volcan “loin d’être inactif”.


Cette installation en altitude répond à une exigence scientifique précise. Plus les capteurs sont proches de la source volcanique, plus les données enregistrées gagnent en fiabilité et en finesse en ce qui concerne l’interprétation. Cette opération a mobilisé des chercheurs, des techniciens et des forces de défense dans un environnement naturel exigeant. Selon l’expert informaticien de l’Ovk, Moussa Mogne Ali, chaque station représente un investissement estimé à près de trente-mille euros. Cela illustre l’importance stratégique accordée à la surveillance sismologique. “Nous avions l’habitude de subir des actes de vandalisme, mais aujourd’hui, le Cndrs et ses partenaires ont pu construire une maisonnette au sommet, dont l’accès a été facilité par l’aménagement de la route. Pour cela, nous avons jugé pertinent d’installer deux stations sismologiques supplémentaires. Elles permettront d’obtenir davantage de précision dans les analyses et le suivi de l’activité sismique”, a-t-il expliqué.

Coopération “scientifique et institutionnelle” 

Les nouvelles installations tiennent compte, par ailleurs, des difficultés rencontrées par le passé : “Cette fois-ci, nous avons pris de nombreuses précautions afin de mieux protéger ces équipements. Grâce aux nouvelles technologies, nous sommes désormais capables de suivre en temps réel l’activité du Karthala et d’identifier d’éventuels malfaiteurs. Aujourd’hui, nous disposons des outils nécessaires pour assurer un suivi rigoureux de l’activité sismologique du Karthala”, devait-il assurer. 


Ce projet repose sur une coopération scientifique et institutionnelle élargie. L’Ovk a bénéficié de l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), de la Banque mondiale, de l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (Ovpf), de l’Institut de Physique du Globe de Paris (Ipgp) ainsi que de l’Armée nationale de  développement (And).


“C’est un projet d’une grande utilité. Ces installations permettront un suivi continu des activités volcaniques. Les équipes du Cndrs interviennent régulièrement sur le terrain et nous avons jugé nécessaire de les accompagner physiquement afin de faciliter leur mission” estime le lieutenant Abdourahim Ben Moussa. Au niveau des forces de défense, vingt-deux soldats ont été déployés pour cette opération qui s’inscrit pleinement, rappelle le chef militaire, “dans les objectifs des forces de défense et de sécurité au service du développement national”.

Une avancée significative

L’installation de nouvelles stations marque, sans conteste, une évolution significative. Elle témoigne d’une montée en puissance des capacités nationales en matière de prévention des risques naturels. Au-delà de la recherche scientifique, cet effort s’inscrit dans une ambition plus large qui est de mieux protéger les populations, anticiper les crises volcaniques et renforcer la culture du risque aux Comores, face à un volcan aussi fascinant qu’imprévisible.

 “Le choix de l’installation des stations au sommet du volcan répond à une logique scientifique claire : les données sismiques y sont beaucoup plus précises. Il s’agit d’une zone relativement calme et propice aux observations scientifiques”.
A l’heure actuelle, au total, quatre stations sont opérationnelles au sommet du Karthala.