Portée par l’Injs et la Fédération comorienne des échecs, cette première édition réunira joueurs confirmés et novices autour d’un programme associant compétition, initiation, défis grand public et activités culturelles.

 

Le 8 août prochain, l’Institut national de la jeunesse et des sports (Injs), avec l’appui de la Fédération comorienne des échecs (Fce), organisera la première édition de «La Bataille des Sultans» à son siège. Inspiré des anciens sultanats de l’archipel, ce tournoi entend promouvoir la pratique du jeu d’échecs, tout en réhabilitant une lecture plus juste de l’histoire des souverains comoriens. 

Cet événement réunira 12 équipes venues des trois îles indépendantes de l’archipel, représentant les anciens sultanats de Bambao, Itsandraya, Hamahamet, Hambuu, Mbadjini, Washili et Mitsamihuli pour Ngazidja, Moroni-Diaspora ; Domoni, Mutsamudu et Sima pour Ndzuwani, ainsi que Mwali. Chaque équipe sera composée de cinq joueurs, dont quatre titulaires et un remplaçant. Le règlement impose également la présence d’au moins une femme et un joueur de moins de 18 ans dans chaque formation, afin de promouvoir l’inclusion et la relève. 


La compétition se disputera en sept rondes selon le système suisse, avec une cadence de 15 minutes par joueur. Les parties se dérouleront simultanément sur 24 échiquiers, sous l’encadrement technique et l’arbitrage de la Fce. Au-delà du tournoi, les organisateurs souhaitent faire de cette journée un rendez-vous ouvert au grand public. Un échiquier géant permettra aux visiteurs de s’initier au jeu, tandis que le «Défi du Sultan» offrira à chacun la possibilité d’affronter un joueur de la Fédération. Des animations culturelles et traditionnelles sont aussi prévues pour ponctuer la journée.


Créée en 2011 sous l’impulsion d’Enchata Mohamed Daroueche, la Fce s’est donné pour mission de démocratiser cette discipline auprès des jeunes. Elle intervient dans plusieurs établissements scolaires du pays et accompagne les clubs des trois îles. Pour Adjmal Ali Chahidi, représentant de la Fce et président de la commission d’organisation, le choix du nom du tournoi porte un message fort. «La Bataille des Sultans est une réponse à une version réductrice de notre histoire. Pendant longtemps, nos souverains ont été décrits comme de simples «sultans batailleurs». Nous voulons rappeler qu’ils étaient aussi des stratèges, des diplomates, des administrateurs et des hommes de culture», explique-t-il.
Champion du Sénégal des moins de 20 ans en 2023 et membre de la sélection nationale, il estime que les échecs incarnent cette intelligence stratégique.


«Pourquoi présenter Napoléon comme un grand stratège et réduire nos propres souverains à de simples chefs de guerre ? Les échecs permettent de mettre en valeur la réflexion, l’anticipation et la capacité de décision qui caractérisaient aussi nos dirigeants d’autrefois», soutient le jeune homme. Et de poursuivre : «Les échecs apprennent à réfléchir avant d’agir, à anticiper et à résoudre les problèmes. Nous savons qu’il existe beaucoup de talents aux Comores et notre défi aujourd’hui, est de les détecter afin de leur offrir davantage d’opportunités».