La Franco-comorienne est à la tête de la société en charge de la construction des villas censées accueillir les athlètes des Jeux des îles de l’Océan indien prévus en août 2027. Les 12eme JIOI sont en tête de l’agenda du président de la République qui souhaite en faire «un levier» pour booster des secteurs stratégique de développement.
Le chef de l’Etat, Azali Assoumani, a reçu hier jeudi 6 août à Beit-Salam, la présidente-directrice générale de la Société de Projet du Village (SPV), Faouzia Vitry. Rien d’officiel n’a filtré de cette rencontre. Mais cette audience intervient quelques semaines après la création de cette société et le choix porté par cette Franco-comorienne pour superviser le chantier de construction du village des Jioi 2027 et anticiper le plan de leur commercialisation dans le cadre d’un futur projet immobilier pour les Comores.
La société de projet du village (SPV) est une nouvelle entité qui regroupe le Comité d’organisation des jeux des îles (Coji) et l’Union des chambres de commerce, d’industrie et d’artisanat (Uccia). La Banque centrale des Comores (Bcc) agit sous le statut de «membre observateur». La société a comme mission immédiate de mobiliser les ressources financières nécessaires à la construction des 200 villas censées accueillir les athlètes de la région attendus aux Comores dans le cadre des 12eme Jeux des îles de l’Océan indien (Jioi) prévus du 10 au 21 août 2027.
200 villas à construire en dix mois
Contactée par Al-watwan, la présidente-directrice générale n’a pas souhaité livrer des détails sur le processus engagé, précisant qu’elle s’exprimera si nécessaire «au moment opportun». Faouzia Vitry a tout de même livré sommairement certaines actions déjà entreprises depuis qu’elle est à la tête de l’entité. «Il y a eu le lancement du marché de construction des villas, la notification des entreprises en charge du chantier et l’ordre de service et de démarrage des travaux», a-t-elle souligné, ajoutant que «des entreprises comoriennes et chinoises» ont déjà entamé les travaux de construction des villas pour un délai de «10 mois clés en main».
À l’entendre, le projet qu’elle anime est déclinée en deux phases : la phase opérationnelle et la phase de commercialisation des villas. Pour la première phase, il s’agit, selon elle, de faciliter la construction des ouvrages suivant le schéma d’aménagement validé par toutes les parties prenantes. «Le Village associe habitat, qualité d’aménagement, services, sécurité et organisation durable du quartier. Chaque villa est conçue pour répondre à un usage familial et patrimonial, avec une parcelle, un jardin et des équipements adaptés à une installation durable», a-t-on indiqué.
Pour Faouzia Vitry, l’urgence est d’accompagner le chantier de construction jusqu’ à son terme, dans cette première phase, précisant que sa première mission consiste à «coordonner les acteurs, le calendrier et les moyens pour une réalisation maîtrisée du Village dans les délais des jeux» mais surtout « apporter des réponses concrètes sur la qualité de construction, la sécurité foncière, l’acquisition et la gestion future du quartier».
La commercialisation des villas
La deuxième phase consistera à commercialiser les villas pour faire ensuite du village des jeux des îles un quartier résidentiel moderne capable de servir de déclencheur dans le développement du secteur de l’immobilier aux Comores. Sur cet aspect précis, Faouzia Vitry, dans sa deuxième mission, dit compter beaucoup sur une stratégie déjà élaborée et qui consistera à faire du quartier un modèle d’attractivité pour le pays.
«Notre seconde mission est de vendre ces villas. Un guichet unique sera mis en place avec une priorité aux Comoriens, surtout de la diaspora qui souhaitent vivre dans une zone de rêves pour développer leurs projets personnels», a-t-elle expliqué avant de préciser que la SVP compte bien mettre en place «un accompagnement à l’achat». La société compte aussi explorer de potentiels clients de la zone Océan indien et de la côte est-africaine.
Un projet transformateur
Pour cette deuxième phase, la SVP souhaite «mettre en place une gouvernance claire et une gestion rigoureuse pour rassurer les partenaires et sécuriser l’exécution», ajoutant que l’entité souhaite «faire du village un quartier résidentiel permanent » pour devenir un «signal de la capacité des Comores à porter des projets ambitieux et structurés» sur le long terme.
«Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large : partout où de grands événements sportifs internationaux ont servi de catalyseur, les infrastructures d’accueil les mieux conçues sont celles pensées, dès l’origine, pour une seconde vie résidentielle», a-t-on encore indiqué. «Le Village des Jeux capitalise sur cette logique éprouvée : un calendrier de livraison contraint par les Jeux devient une garantie de délai plutôt qu’une contrainte, et l’investissement public initial se transforme en actif privé durable», a-t-on ajouté.
Pour Faouzia Vitry, la société qu’elle dirige «doit traduire deux dimensions complémentaires : la rigueur nécessaire à la conduite d’un projet d’envergure et l’ambition d’un projet qui veut ouvrir une nouvelle page de l’immobilier aux Comores». Interrogée sur le coût d’investissement du futur village des jeux, la présidente-directrice générale a promis de s’exprimer spécifiquement sur cet aspect «dans les prochains jours».
À noter que les jeux des îles de l’Océan indien, portés au plus haut niveau de l’Etat, sont perçus comme «un levier» pour booster le bâtiment, le tourisme et l’artisanat, entre autres, et jouer un effet multiplicateur en faveur des autres secteurs économiques clés du développement. Il est difficile, pour l’instant, de mesurer le niveau des retombées attendues, mais de nombreux connaisseurs du domaine parlent d’un projet transformateur pour le pays.


