À l’occasion des journées dédiées à la santé au travail, l’usine Salsabil sensibilise ses employés aux risques professionnels, en insistant sur la prévention comme levier essentiel de protection humaine et économique.

 

À l’occasion de la Journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail, célébrée le 28 avril, et de la Journée africaine de la sécurité au travail le 30 avril, l’usine d’eau minérale Salsabil a organisé, mardi dernier, une conférence de sensibilisation dédiée à la prévention des risques professionnels. Animé par le médecin du travail, le docteur Abdou Dahalani Said Soilihi, l’événement s’est déroulé en présence du directeur de l’usine, Nassur Salem Al-Aroui. Dès l’entame de son intervention, le docteur Abdou Dahalani a rappelé l’importance de la santé au travail. Il a de ce fait rappelé que «des millions de travailleurs à travers le monde quittent chaque jour leur domicile pour travailler, sans toujours y revenir en raison d’accidents ou de maladies professionnelles».

Selon les estimations, près de trois millions de décès annuels sont liés aux risques professionnels, tandis que des centaines de millions de travailleurs subissent des blessures de gravité variable. Une situation particulièrement préoccupante en Afrique, où les insuffisances en matière de prévention, de formation et de moyens aggravent les risques. S’agissant des Comores, le médecin a relevé que «les accidents du travail sont peu médiatisés et souvent sous-déclarés, malgré leur réalité». Il a insisté sur «les dangers spécifiques liés à l’environnement industriel d’une usine d’eau, marqué par l’utilisation de machines, la présence d’eau, de produits chimiques et la manipulation de charges lourdes ».  Autant de facteurs qui rendent les risques réels, mais évitables si les règles de sécurité sont strictement respectées», a-t-il fait savoir.Poursuivant son exposé, il a clarifié les notions de «danger» et de «risque », en expliquant que «le premier désigne toute source potentielle de dommage, tandis que le second correspond aux conséquences possibles telles que brûlures, chutes ou intoxications». «La prévention, a-t-il souligné, consiste précisément à agir en amont pour éviter ces situations, avec pour objectif de protéger les travailleurs et d’améliorer leur environnement de travail ».

Les stratégies de prévention

Le conférencier a également détaillé les principaux risques dans les services de production et de maintenance. Dans la production, les machines en mouvement, l’air comprimé, la chaleur et les produits chimiques constituent des sources de dangers, auxquelles s’ajoutent les sols mouillés favorisant les chutes, ainsi que les postures répétitives et l’exposition à certains agents comme les rayonnements ultraviolets ou l’ozone. Du côté de la maintenance, les risques sont liés notamment au bruit, aux substances chimiques, à l’effort physique, aux matériaux inflammables et à l’encombrement des espaces de circulation.  Abordant les stratégies de prévention, le docteur Abdou Dahalani a insisté sur trois niveaux complémentaires. «La prévention primaire vise à éliminer les dangers à la source, la prévention secondaire repose sur la surveillance régulière de la santé des travailleurs, tandis que la prévention tertiaire concerne la prise en charge rapide des accidents afin d’éviter leur aggravation», a-t-il énuméré.


Selon lui toujours, «la sécurité au travail dépasse le cadre strictement réglementaire», car «elle comporte une dimension humaine, en protégeant la vie des employés, mais aussi économique, en réduisant les pertes, juridique, en assurant le respect des normes, organisationnelle, en améliorant le climat de travail, et stratégique, en renforçant l’image de l’entreprise ».Pour terminer, le médecin du travail a rappelé que la majorité des accidents peuvent être évités grâce à une vigilance constante et à une responsabilité partagée. «Protéger le travailleur, c’est protéger l’entreprise», a-t-il conclu.