À l’instar des autres pays du monde, les Comores ont célébré ce mercredi 12 août la Journée internationale de la jeunesse sous le thème «Des contextes différents, des aspirations communes». Instaurée par l’organisation des Nations unies (Onu) en 1999, cette journée vise à mettre en lumière le rôle et le potentiel des jeunes, face aux grands défis auxquels le monde est confronté.
À Moroni, le Réseau climat de l’Océan indien (Rcoi), Jeunes leaders pour la paix (Jlp), le Mouvement d’action jeune d’Ascobef (Maj), le Club des adolescents et les Jeunes parlementaires pour la paix ont, à l’occasion, organisé une conférence-débat au siège de Jlp. La rencontre a permis d’échanger sur les principales difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes comoriens et de réfléchir sur les solutions susceptibles de répondre à leurs besoins.
La santé, l’environnement et la sécurité ont notamment été au cœur des discussions. Pour Bihawa Hamidou Hamada, du Mouvement d’action jeune affilié à l’Ascobef, les questions liées à la santé reproductive restent difficiles à aborder pour une partie de la jeunesse.
« De nos jours, la question de la santé est au cœur de la société et malheureusement, force est de constater que la plupart des jeunes ont du mal à aborder certaines questions », a-t-elle souligné, avant d’évoquer notamment les difficultés rencontrées par certains jeunes pour se rendre dans les structures de santé, par crainte d’être jugés ou stigmatisés. Face à cette situation, elle préconise « l’intégration de l’éducation à la santé sexuelle et reproductive dans les programmes scolaires ».
L’environnement, une priorité
De son côté, El-Anrif Abdourahmane, du Réseau climat de l’Océan indien, a insisté sur la nécessité de faire de la protection de l’environnement une priorité pour la jeunesse comorienne. Selon lui, les jeunes doivent être davantage associés aux initiatives et aux décisions liées aux enjeux environnementaux, qui concernent directement leur avenir.
Mais au-delà de ces préoccupations, les participants ont surtout insisté sur la nécessité de renforcer la représentation et la participation des jeunes dans les instances de décision.
Le coordinateur du Rcoi, Ansum Soulé, a ainsi renouvelé leur appel en faveur de la mise en place du Conseil national de la jeunesse. «Depuis plusieurs années, nous avons lancé cet appel afin que ce conseil soit mis en place. Nous sommes parmi les rares pays du continent africain qui ne disposent pas encore d’un Conseil national de la jeunesse institutionnalisé», a-t-il déclaré.
Pour les organisations réunies à l’occasion de cette journée, la création de cette instance constituerait «un cadre permettant de mieux faire entendre la voix des jeunes et de renforcer leur participation aux politiques publiques». Selon toujours Ansum Soulé, les organisations de jeunesse ont déjà entrepris les démarches nécessaires pour faire avancer le dossier. L’officialisation de la structure nécessiterait toutefois l’adoption d’un décret présidentiel. « Nous appelons le gouvernement, par le biais de notre ministre de la Jeunesse, à mettre en place ce conseil », a-t-il insisté.
Loukmane Hachimo, de Jeunes leaders pour la paix, de son côté a, pour sa part, appelé la jeunesse à jouer un rôle primordial dans la lutte contre la délinquance ainsi que les conflits inter-villageois. Les activités de la Journée internationale de la jeunesse devraient se poursuivre dans l’après-midi avec un match de football au stade de Maluzini, opposant une équipe composée de jeunes à une équipe du ministère de la Jeunesse.




