Le chef de l’Etat a appelé à une mobilisation collective. Il a demandé à «chaque citoyen, à chaque institution et à chaque famille de s’engager pour faire des droits des femmes et des filles une réalité quotidienne». Le président a insisté sur la nécessité de briser les stéréotypes, de lever les obstacles et d’ouvrir les perspectives d’avenir pour elles». Selon lui, c’est en adoptant ces comportement que les Comores réussiront à bâtir une société «plus juste, plus équitable et plus prospère».
La cérémonie officielle marquant la Journée internationale des droits des femmes a été organisée hier dimanche 22 mars au foyer Aoulad El Barakani de Male ya Mbadjini. Placée sous le thème «droits, justice et action pour toutes les femmes et les filles», cette rencontre d’envergure nationale a mis en lumière les enjeux liés à la promotion des droits des femmes et à l’égalité des genres aux Comores. Le chef de l’État, Azali Assoumani, ainsi que de nombreuses personnalités, notamment la première dame, le secrétaire général du gouvernement, la ministre du Genre, les gouverneurs de Ngazidja et Mwali, l’ambassadeur de la République populaire de Chine, entre autres, avaient pris part à cet évènement. À l’occasion, Maître Harmia Ahmed, a, dans son mot de bienvenue, salué la forte mobilisation des participants, venus honorer les femmes comoriennes. « Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue au nom des organisateurs. Je remercie chacun d’entre vous d’avoir répondu présent, malgré vos nombreuses occupations », a-t-elle affirmé.
« Les droits, l’action et la justice »
Le coordonnateur du Système des Nations unies aux Comores a relayé le message du secrétaire général de l’Onu, António Guterres. Rappelant que le thème de cette année met l’accent sur «les droits, l’action et la justice» pour toutes les femmes et les filles, James Tsok Bot a souligné que dans le monde les femmes ne jouissent encore que de « 64 % des droits juridiques accordés aux hommes et ceux, avec des inégalités persistantes dans l’accès à l’éducation, à l’emploi et à la justice ». Le fonctionnaire onusien a alerté également sur les reculs observés dans certains contextes d’instabilité. « Lorsque nous ne sommes pas égaux devant la loi, nous ne sommes pas égaux tout court. Il est temps de faire de la justice une réalité pour les femmes et les filles partout dans le monde », a-t-il insisté, appelant à « une mobilisation collective pour concrétiser les engagements internationaux ».
« La dignité, la sécurité et l’épanouissement »
De son côté, la ministre du Genre, Fatima Ahamada, a rappelé le caractère solennel de cette journée. « Aujourd’hui est une occasion importante de rappeler que l’égalité entre les hommes et les femmes est un droit fondamental», a-t-elle souligné, avant d’appeler à « transformer les engagements prises en actions concrètes afin que chaque femme et chaque fille puisse vivre dans la dignité, la sécurité et l’épanouissement». La ministre a aussi tenu à associer la célébration de cette année 2026, à toutes ces femmes qui accompagnent chaque année cette lutte, notamment celles engagées au service de la population dans les institutions publiques, privées et la société civile.
Revenant sur les actions du gouvernement, la porte-parole du gouvernement a évoqué des «avancées significatives», dans le renforcement du cadre juridique pour protéger les femmes contre les violences, pour l’accès équitable à la justice, et concernant des programmes d’autonomisation économique et de sensibilisation. Selon elle, ces progrès sont le fruit d’une «volonté affirmée du chef de l’État», pour une meilleure intégration des femmes dans les affaires publiques, illustrée par l’adoption de la loi sur la parité, portée par la députée Oumouri Hadjira et votée par une Assemblée composé de 99% d’hommes. La ministre a, dans ce sens, exprimé sa gratitude envers le président Azali Assoumani pour « son engagement constant », avant de rendre hommage «à toutes ces femmes qui ont prouvé par leur abnégation, leur volonté et leur exemplarité» et qui contribuent activement au développement du pays.La cérémonie a également été marquée par une prestation artistique engagée de l’artiste Samra, qui a rendu un vibrant hommage aux femmes, tout en dénonçant les violences dont elles subissent à travers le monde. C’était une performance saluée par l’assistance pour sa portée symbolique et son message fort. «Au secours !», a-t-elle lancé. Les paroles de la chanson ont été reprises à l’unisson par toute la salle comme un cri d’alerte.
Clôturant la rencontre, le chef de l’Etat Azali Assoumani, a salué la tenue de cette journée, l’ensemble des participants pour leur mobilisation, y voyant «un témoignage de grand intérêt accordé à la promotion des femmes et des filles aux Comores». Le président s’est dit «très heureux» de participer à cet événement, soulignant que la thématique de l’année 2026 met en avant «la nécessité d’agir pour garantir un accès équitable à la justice, assurer la protection effective des droits fondamentaux et traduire ces principes en actions concrètes en faveur des femmes et des filles». Azali Assoumani a également mis en lumière les initiatives organisées en marge de cette journée, notamment la foire «Made in Comores au féminin» tenue au stade Ajao à Moroni, visant à valoriser l’entrepreneuriat féminin, ainsi que la conférence-débat organisée le 8 mars à l’Ortc.Le président de la République a rappelé que cette journée constitue un moment d’évaluation. « Elle nous permet de mesurer les progrès accomplis, d’identifier les obstacles persistants, mais surtout d’inciter l’ensemble des institutions à agir davantage», a-t-il déclaré, profitant de l’occasion pour réaffirmer « mon engagement et celui du gouvernement à faire progresser la justice et les droits des femmes ».
Bâtir « une société plus juste, plus équitable et plus prospère »
Revenant sur les actions déjà entreprises, le chef de l’Etat a souligné les avancées enregistrées ces dernières années, notamment la création d’un ministère dédié à la promotion du Genre et à l’autonomisation des femmes. Pour lui, c’est une «étape historique et symbolique». Selon lui, cette initiative montre une volonté politique forte de « donner aux femmes et aux filles comoriennes les moyens de participer pleinement à la vie nationale, notamment dans les sphères administrative et politique».
Sur le plan juridique, le président a rappelé que les Comores ont ratifié plusieurs conventions internationales relatives aux droits des femmes, renforçant ainsi le cadre législatif en faveur de l’égalité et de la justice. Il a attribué ces avancées à «l’engagement des acteurs nationaux, avec l’appui de l’État et de ses partenaires», notamment les partenaires techniques et financiers, en particulier les Nations Unies, envers lesquels le président Azali a exprimé sa gratitude Le chef de l’Etat a lancé un appel à la mobilisation collective. «Chaque citoyen, chaque institution et chaque famille doit s’engager pour faire des droits des femmes et des filles une réalité quotidienne », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de briser les stéréotypes, lever les obstacles et ouvrir les perspectives d’avenir pour elles. «C’est à ce prix que nous bâtirons une société plus juste, plus équitable et plus prospère », a-t-il conclu.


