Décalée en raison du mois de ramadan, la cérémonie de célébration de la Journée internationale des droits des femmes a été célébrée samedi à l’Alliance française de Ndzuani. Baptisé «Femmes en scène», l’événement a mis à l’honneur la parole de la femme. Sur la scène de l’Alliance française, le public a découvert l’orchestre féminin Mahabouba El-watoine, accompagné notamment de l’anthropologue Tharwate Hassani.
Malgré une mobilisation timide, le public présent, majoritairement composé de femmes et de jeunes, a assisté à une programmation conçue comme un espace d’expression et de valorisation de la parole féminine. Ce samedi 18 avril, la première partie de «Femmes en scène» est assurée par Tharwate Hassani, qui a proposé une performance de slam en français, articulée autour de trois textes. Pendant près d’une heure, elle a livré une prestation engagée.
«Donner la parole aux femmes»
Introduisant le contexte de cette initiative, le directeur sortant de l’Alliance française de Ndzuani, Pierre-Olivier Belon, a rappelé les circonstances particulières de cette édition. «Le contexte de cette célébration intervient dans le cadre du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes. Cette année, cette date est tombée en plein mois de ramadan, et symboliquement, nous avons essayé de marquer le coup tout en respectant le calendrier musulman», a-t-il expliqué.
Pierre-Olivier Belon a souligné l’objectif de l’événement. «D’une certaine manière, il s’agit de donner la parole aux femmes. Je voudrais remercier chacune d’elles qui montera sur scène pour cet événement», a-t-il insisté. Au terme de l’événement, l’artiste Tharwate Hassani est revenue sur sa participation à cette soirée. «Tout d’abord, c’est la deuxième fois que je suis invitée à l’Alliance française de Ndzuani en l’honneur des femmes. L’an dernier, c’était dans le cadre d’une conférence pour la Journée internationale des droits des femmes.
Cette année, c’est sur scène que je partage une part de mon art », a-t-elle fait savoir. Pour sa part, la présidente du collectif des slameurs, Pomwezi, a insisté sur la portée de son engagement artistique. «Ce qui m’a motivée, c’est déjà, dans un premier temps, d’estimer que ma voix peut être un moyen de tisser du lien entre les personnes, notamment les femmes, et permettre de débloquer la parole sur des sujets encore souvent tabous. Ma voix, ajoutée à celles des femmes qui l’ont déjà fait, constitue une chaîne de solidarité pour soutenir la sororité», a-t-elle ajouté.
Évoquant enfin le contenu de sa prestation, l’artiste a détaillé les trois textes présentés lors de la soirée. «Le premier est centré sur les émotions. Pour moi, la scène est un espace où l’on se réconcilie avec elles. J’y parle notamment du trac que je ressens avant de monter sur scène, une peur qui laisse vite place à une énergie indescriptible une fois face au public.
Le deuxième texte rappelle que la femme sur scène a toujours existé, mais souvent comme personnage secondaire. Aujourd’hui, les femmes ont arraché la place qui leur revient, que ce soit sur la scène artistique, politique ou sociale. Enfin, le troisième est un hommage aux femmes qui ont ouvert la voie, mais aussi aux peuples anciennement colonisés, en dénonçant les logiques de domination et les pensées suprématistes», a-t-elle conclu.



