Pour la première fois, les Comores ont célébré la Journée internationale de la fonction publique. L’événement a exposé les réformes engagées pour moderniser l’administration et améliorer la gestion des ressources humaines de l’État.

 

À l’instar de nombreux pays à travers le monde, les Comores ont célébré ce mardi 23 juin à l’hôtel Retaj de Moroni la Journée internationale de la fonction publique. Placée sous le thème «Fonction publique en mutation : bâtir l’administration publique du XXIe siècle aux Comores», cette première édition a réuni plusieurs membres du gouvernement, des représentants syndicaux ainsi que des partenaires techniques et financiers.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du secrétaire général adjoint du gouvernement, Soilihi Mohamed Djounaid, du ministre de la Fonction publique, Mohamed Nourouddine Afraitane, de la ministre du Genre, Fatima Ahamada, du ministre de l’Aménagement du territoire, Cheikidine Said Madi, ainsi que du représentant de l’Union européenne aux Comores, Evangelidis Loannis Pavlos.

Prenant la parole à cette occasion, le ministre de la Fonction publique a déclaré que cette première célébration demontre la volonté des Comores de s’inscrire dans une dynamique internationale qui valorise chaque année le rôle du service public. Il a rappelé qu’il s’agit également d’un hommage rendu aux femmes et aux hommes qui assurent quotidiennement le fonctionnement de l’administration publique.

Selon lui, l’administration comorienne traverse aujourd’hui une phase décisive de son évolution. Il a notamment évoqué la Constitution révisée de 2018, qui a consacré l’État unitaire et ouvert la voie à une profonde réorganisation de l’action publique. Cette ambition se traduit notamment par l’adoption du statut général de la fonction publique en 2022 et par plusieurs réformes en cours, dont l’application prochaine des textes réglementaires et la modernisation des procédures administratives.


Le ministre a également insisté sur la promotion de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes au sein de l’administration. Il a, par ailleurs, salué l’accompagnement de l’Union européenne et d’Expertise France à travers le projet «E-Administration», considéré comme un levier essentiel de modernisation de la gestion des ressources humaines de l’État.


De son côté, le représentant de l’Union européenne a rappelé l’importance stratégique d’une fonction publique performante pour le développement du pays. Il a indiqué que la masse salariale représentait près de 50 % des recettes fiscales de l’État en 2025, notant ainsi la nécessité d’une gestion rigoureuse des effectifs et des ressources. Il a annoncé qu’à partir du mois de septembre, les gestionnaires des ressources humaines de l’État bénéficieront de formations sur l’ensemble du territoire national et que de nouvelles procédures seront mises en œuvre afin d’améliorer l’efficacité administrative.

Une gestion rigoureuse des effectifs et des ressources

La journée a également été marquée par une exposition photographique retraçant l’histoire de la fonction publique aux Comores, depuis la période coloniale jusqu’aux réformes actuelles. Guidée par le directeur de la Fonction publique, Omar Chaihane, cette exposition a permis de mettre en perspective l’évolution des effectifs de l’administration, passés d’environ 3 500 fonctionnaires sous le président Ali Soilihi à plus de 10 300 aujourd’hui, sur un total de 13 779 agents de l’État.


Deux panels de discussion, ouverts respectivement par le secrétaire général adjoint du gouvernement et la ministre du Genre, ont ensuite permis d’aborder les défis et les perspectives de la réforme administrative.La cérémonie s’est achevée par une allocution du ministre de la Fonction publique, qui a remercié l’ensemble des participants pour leur contribution à la réussite de cette première édition. Réaffirmant l’engagement du gouvernement à poursuivre les réformes fondées sur l’innovation et la modernisation, il a rendu hommage à tous les agents publics qui accomplissent, souvent dans des conditions difficiles, leur mission au service de l’État et des citoyens.